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Efforts pour empêcher l'Ebola d'entrer en Côte d'Ivoire

À ce poste frontalier, ce n'est qu'une tige... (PHOTO MARC-ANDRÉ BOISVERT, COLLABORATION SPÉCIALE)

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À ce poste frontalier, ce n'est qu'une tige de bambou qui sépare le Liberia de la Côte d'Ivoire.

PHOTO MARC-ANDRÉ BOISVERT, COLLABORATION SPÉCIALE

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Virus Ebola
Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Marc-André Boisvert

collaboration spéciale

La Presse

(PRÉFECTURE DE TIOBLI, Côte d'Ivoire) Deux militaires ivoiriens protègent une tige de bambou. Derrière, le Liberia se dessine. Mais impossible de passer cette ligne depuis que le gouvernement libérien a fermé ses frontières, le 28 juillet dernier, pour prévenir la propagation du virus Ebola.

Il n'y a aucun cas à déplorer en Côte d'Ivoire. Mais ses deux voisins, la Guinée et le Liberia, les comptent par centaines. Il faudra plus qu'un bambou pour arrêter un virus qui a déjà fait plus de 1145 morts dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest. Même si la frontière est fermée, les gens franchissent facilement la forêt tropicale et les rivières qui l'entourent.

«La frontière est poreuse. Le Liberia et la Côte d'Ivoire s'emboîtent », explique Eddy Péhé, un journaliste local, convaincu du danger imminent.

«Si la population participe tôt, on sera capable de contenir une épidémie.»

Drissa Soro
infirmier à Pekanhouebli, en Côte d'Ivoire

De fait, les familles sont divisées par une frontière au tracé aléatoire. À cela s'ajoutent 50 000 Ivoiriens qui ont fui les violences de la crise postélectorale de 2010-2011 dans les camps de réfugiés du Liberia. «C'est impossible de contenir tout ce monde», ajoute M. Péhé.

C'est pourquoi le sous-préfet Kouassi Koffi parcourt des kilomètres de pistes boueuses, parfois impraticables, pour rencontrer les villageois.

«Il y a beaucoup de désinformation, il faut prendre le temps d'expliquer », commente-t-il. Dans le village de Pekanhouebli, il répondra aux questions préparées d'une population inquiète. «Au début, les gens disaient que c 'était une affaire de Blancs, qu'on n'est contaminé qu'en ville», raconte le souspréfet. Serge Tian, un notable de Pekanhouebli, confirme.

«Certaines personnes disaient:

Il faut que je voie Ebola pour y croire. En écoutant la radio, on a pris conscience.» Le chef de village a clairement donné la directive de ne plus recevoir les parents du Liberia. «S'il faut choisir entre la vie et le frère, il faut choisir la vie, malheureusement », résume M. Tian.

Mais tous ne sont pas aussi attentifs aux consignes. Deux jours auparavant, sept Libériens ont été reconduits à la frontière par les policiers ivoiriens et plus d'une centaine de migrants ont été expulsés depuis la fermeture des frontières.

Montée de l'anxiété

Il n'y a pas que dans les régions frontalières qu'on craigne une explosion d'Ebola.

À Abidjan, un passager a été mis en quarantaine à son arrivée à l'aéroport parce que le personnel de bord jugeait qu'il allait trop aux toilettes. Diagnostic après analyses : le malheureux avait mangé trop de piment.

D'autres alertes sont moins cocasses . À Odienné, un Guinéen est mort de symptômes similaires à ceux de l'Ebola. Même si le test s'est révélé négatif et que le malade n'a pas visité la Guinée depuis le début de l'épidémie, la population affolée est sortie dans les rues.

De retour à Pekanhouebli, l'infirmier Drissa Soro travaille fort pour que seules les rumeurs se répandent. Il montre le matériel de prévention qu'il a reçu: des trousses de prélèvement, des gants, une combinaison. «Si c'est la crise, ce sera insuffisant.»

Drissa sait que la prévention est son seul outil. Ainsi, il continue de quadriller la forêt avec sa motocyclette. «Si la population participe tôt, on sera capable de contenir une épidémie. Mais on n'en est pas là. Tant mieux.»

Des mesures préventives

Depuis mars dernier, le gouvernement ivoirien multiplie les mesures pour prévenir la propagation de la maladie. La plus sérieuse : l'interdiction de consommer de la viande de brousse, un vecteur du virus Ebola. Mais dans certaines régions ivoiriennes, la viande sauvage, comme celle de l'agouti, un gros rongeur très prisé, est la principale source de protéines. Les autorités ont aussi fermé plusieurs marchés pour limiter les déplacements. Les Ivoiriens doivent ainsi modifier leur quotidien jusque dans les détails. Le gouvernement a même émis la consigne d'éviter de serrer la main ou de faire des accolades. Les Ivoiriens contournent l'interdit en inventant de nouvelles manières de se saluer, avec le bout du pied ou le coude. Depuis que l'épidémie a été déclarée hors de contrôle par l'Organisation mondiale de la santé, les mesures draconiennes se multiplient : annulation de plusieurs congrès internationaux, interdiction des vols en provenance des pays contaminés, renforcement des contrôles sanitaires aux frontières.




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