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Les séparatistes forment un gouvernement provisoire à Donetsk

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
KIEV

L'un des chefs des insurgés pro-russes de Donetsk (est de l'Ukraine), Vadim Tcherniakov, a annoncé mardi la formation d'un «gouvernement provisoire de la République du Donbass».

«Nous avons formé un gouvernement provisoire à Donetsk», a déclaré M. Tcherniakov, en rappelant la priorité affichée par les pro-russes qui ont occupé dimanche le bâtiment de l'administration locale à Donetsk : organiser un référendum avant le 11 mai pour un éventuel rattachement de la région à la Russie.

M. Tcherniakov a précisé à l'AFP que la date du référendum et la formulation de la ou des questions posées seraient décidées en coordination avec les autres groupes pro-russes de la région, à Kharkiv et Lougansk notamment.

Il a par ailleurs assuré que des groupes d'autodéfense pro-russes allaient désormais contrôler les routes de la région, l'aéroport et les gares «pour assurer l'ordre».

Un journaliste de l'AFP sur place mardi a constaté que les pro-russes contrôlaient seulement le bâtiment de l'administration régionale.

M. Tcherniakov, 33 ans, s'est présenté comme un ancien responsable des groupes d'autodéfense pro-russes de Donetsk.

60 «otages» à Logansk

Quelque 60 «otages» sont retenus dans le siège local des services de sécurité ukrainiens (SBU) à Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, occupé depuis dimanche par des séparatistes pro-russes, a affirmé mardi le SBU.

«Les séparatistes, sous la menace d'armes et d'explosifs, empêchent une soixantaine de personnes de quitter les lieux et de rentrer chez elles», selon un communiqué publié sur le site internet du SBU, qui dénonce des «méthodes utilisées par les terroristes».

Assurant par ailleurs «avoir établi que les assaillants ont miné les lieux», le SBU déclare tout faire pour «obtenir que les assaillants libèrent les otages et déposent les armes».

Le SBU n'avait pas fait état de personnes retenues dans ses locaux de Lougansk depuis que ceux-ci avaient été occupés dimanche par des militants pro-russes, et il n'a pas été possible d'obtenir confirmation de ces informations d'autres sources.

Les séparatistes seront traités «comme des terroristes»

Alors que les autorités pro-européennes à Kiev ont déclaré mardi que les manifestants qui prennent d'assaut les bâtiments publics seront considérés comme «des terroristes et des criminels», les militants pro-russes s'employaient à renforcer les barricades protégeant les accès au siège de l'administration régionale.

«Nous craignons tous un assaut des forces de l'ordre», a indiqué Denis, un jeune homme d'une vingtaine d'années, le visage masqué, et équipé d'une batte de base-ball.

Les «séparatistes» qui «prennent les armes, qui envahissent des bâtiments, seront traités comme le prévoient la Constitution et les lois, comme des terroristes et des criminels», a déclaré le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov.

Les forces de l'ordre «ne prendront jamais les armes contre des manifestants pacifiques», a-t-il par contre insisté devant le Parlement, alors que des activistes pro-russes se sont emparés de bâtiments publics dans l'est du pays et que la Russie a mis en garde mardi contre le risque de «guerre civile».

M. Tourtchinov a affirmé que «des armes à feu et des grenades» avaient été utilisées contre les forces de l'ordre déployées pour reprendre les locaux de l'administration locale dans la ville de Kharkiv. «Plusieurs membres des forces de l'ordre ont été blessés» a-t-il dit.

Sur sa page Facebook, le ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov, a fait état d'un bilan de trois blessés, dont un grièvement, parmi les forces de l'ordre à Kharkiv.

Devant le Parlement M. Tourtchinov a exprimé l'espoir que «soient prochainement libérés les bâtiments des services de sécurité (SBU) à Lougansk et de l'administration locale à Donetsk», où des activistes pro-russes ont déclaré lundi une «république souveraine».

Il a également affirmé que les autorités avaient fait face à des «tentatives de lancer des provocations séparatistes dans les régions de Dnipropetrovsk et Nikolaïevsk».

70 arrestations

Les forces de l'ordre ont arrêté quelque 70 séparatistes pro-russes qui s'en prenaient au bâtiment de l'administration locale à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, a annoncé mardi l'antenne locale du ministère de l'Intérieur.

Les activistes pro-russe, qui étaient entrés dimanche dans le bâtiment, l'avaient quitté dans la nuit après des négociations et la venue sur place du ministre Avakov. Mais la situation était restée très tendue toute la journée de lundi, avec plus d'un millier de manifestants pro-russes massés sur la place. Des échauffourées avec des contre-manifestants pro-européens, moins nombreux, avaient émaillé la journée.

Lundi soir, des manifestants pro-russes ont lancé des cocktails Molotov sur le bâtiment de l'administration, mettant le feu à deux bureaux du rez-de-chaussée, selon les responsables locaux du ministère. L'incendie a rapidement été maîtrisé.

Après ces incidents, les forces de l'ordre ont lancé «une opération antiterroriste qui a totalement sécurisé l'immeuble de l'administration locale» et environ 70 personnes ont été arrêtées, pour «séparatisme», «désordres de masse» et «mise en danger de la santé d'autrui,» selon ces sources.

Aucun coup de feu n'a été tiré, ont précisé ces sources.

Sur sa page Facebook, M. Avakov avait écrit dans la nuit: «L'opération antiterroriste a commencé. Le centre-ville est bouclé. N'ayez pas peur».

Un député, Nikolaï Kniajitski, qui a pu s'entretenir avec M. Avakov, a indiqué sur sa page Facebook que l'opération avait été menée par une unité spéciale des forces de l'Intérieur (unités militaires dépendant du ministère de l'Intérieur, NDLR), les «Jaguars».

«Ils (les Jaguars) sont prêts à intervenir à l'Est, pour neutraliser les criminels», a-t-il écrit, dans une référence apparente à la ville de Donetsk, où des séparatistes tiennent toujours l'administration locale et ont proclamé lundi une «république souveraine», réclamant leur rattachement à la Russie.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé mardi matin l'envoi de renforts, notamment des forces de l'Intérieur, pour intervenir contre les séparatistes, mettant en garde contre la perspective d'une guerre civile en Ukraine.

Kerry accuse la Russie de vouloir «créer le chaos»

Le secrétaire d'État américain John Kerry a accusé mardi Moscou d'avoir envoyé «des provocateurs» dans l'est de l'Ukraine pour y créer «le chaos» et se donner ainsi un «prétexte» pour une intervention militaire, comme ce fut le cas en Crimée.

«Tout ce que nous avons vu ces dernières 48 heures de la part de provocateurs et d'agents russes opérant dans l'est de l'Ukraine, nous indique qu'ils ont été envoyés là-bas déterminés à créer le chaos», a fustigé M. Kerry devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain.

Il a dénoncé «une tentative illégitime et illégale de la part de la Russie pour déstabiliser un État souverain et créer ainsi une crise forcée».

«Personne ne devrait être trompé et, croyez-moi, personne n'est trompé par ce qui pourrait être potentiellement un prétexte forcé pour une intervention militaire, comme nous l'avons vu en Crimée», a martelé le secrétaire d'État.

Il a répété que les États-Unis et leurs alliés «préféraient une dé-escalade (des tensions) et une solution diplomatique» avec Moscou, mais qu'ils «n'hésiteraient pas à avoir recours à des outils du 21e siècle pour tenir la Russie responsable de ses agissements du 19e siècle», en allusion aux sanctions américaines prises contre Moscou et aux menaces d'en imposer de nouvelles.

Il a une fois de plus exhorté la Russie «à mettre fin à sa pression et son agression sur l'Ukraine».

M. Kerry a également annoncé qu'il rencontrerait à nouveau son homologue russe Sergueï Lavrov, la semaine prochaine en Europe, pour tenter de régler la crise en Ukraine.

«Nous sommes tombés d'accord pour nous retrouver bientôt, en Europe, la semaine prochaine avec l'Ukraine et nos partenaires européens», a dit le ministre américain, le département d'État ayant évoqué lundi une rencontre quadripartite «d'ici dix jours» entre Washington, Moscou, Kiev et l'Union européenne.




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