Les liens entre Anders Behring Breivik et l'Angleterre se font jour heure après heure. Alors que le premier ministre de l'Espagne, José Luis Zapatero, à la suite d'une rencontre avec son homologue David Cameron, a demandé hier une «réponse politique» concertée de l'Union européenne devant la montée de l'extrême droite, il apparaît clairement que le tueur fou entretenait des liens forts avec l'Angleterre.

Mis à jour le 26 juill. 2011
Tristan De Bourbon, collaboration spéciale LA PRESSE

Le Norvégien, qui a signé son manifeste de 1518 pages intitulé Londres 2011, la déclaration européenne d'indépendance sous la version anglicisée de son nom (Andrew Breivik), indique s'être définitivement joint aux mouvements d'extrême droite lors d'une réunion organisée à Londres en 2002. Avec des délégués venus de France, d'Allemagne, de Grèce, de Russie et des Pays-Bas, son hôte anglais et lui ont créé une section de l'association Pauperes Commilitones Christi Templique Solomonici (les Chevaliers du temple). Il aurait pris le nom de code Sigurd le croisé, et son mentor, celui de Richard Coeur de Lion.

Anders Behring Breivik aurait ensuite eu de nombreux échanges avec les membres de l'English Defence League (Ligue anglaise de défense), groupuscule d'extrême droite réputé pour sa violence qui a assuré «catégoriquement» dans un communiqué «qu'il n'y a jamais eu de contact officiel» avec Breivik. Cette déclaration confirme du coup que des contacts personnels ont bien eu lieu entre Anders Behring Breivik et certains membres de l'EDL. Il aurait participé à deux de leurs réunions ainsi qu'à une de leurs manifestations l'an dernier, et avait indiqué sur ses forums norvégiens avoir discuté tactiques avec des membres de l'EDL.

Des personnalités à abattre

Le tueur avait également placé de nombreuses personnalités britanniques sur sa liste des gens à abattre. Au premier rang des «criminels de guerre», l'ancien premier ministre Gordon Brown, accusé de «collusion» avec les groupes islamistes pour faire de «Londres le centre mondial de la banque islamiste». «Brown donne aux musulmans plus d'influence sur nos vies, bien qu'il sache que des terroristes s'organisent pour entrer en guerre contre nous.»

Tony Blair est nommé pour avoir «malhonnêtement caché un plan destiné à autoriser plus d'immigrants et à rendre la Grande-Bretagne plus multiculturelle». Le prince Charles est accusé d'avoir aidé financièrement le centre d'études islamiques d'Oxford, monté avec l'argent de la famille royale saoudienne, ce qui montre que «nos élites traditionnelles sont engagées avec eux contre nous». En tout, 62 216 «traîtres de catégorie A et B» devaient ainsi être éliminés au Royaume-Uni.

Même s'il dénonce la rectitude politique de la presse britannique, il se félicite des propos de plusieurs journalistes et éditorialistes. Plusieurs articles publiés dans le Daily Mail, The Sunday Times et The Guardian sont acclamés pour avoir exprimé la colère des nationalistes devant la montée de l'islam. Cette thématique n'est malheureusement pas nouvelle: le premier ministre David Cameron a dénoncé au printemps «l'échec du multiculturalisme» britannique.