Qui en veut au pays du Nobel de la paix?

Le  premier ministre Jens Stoltenberg réagit suite... (Photo: AFP)

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Le premier ministre Jens Stoltenberg réagit suite aux attentats en Norvège.

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Quoi? La Norvège, cible d'attentats? Mais qui peut bien en vouloir au pays du prix Nobel de la paix, le plus généreux au monde en matière d'aide au développement? C'est la question à laquelle la police norvégienne tentera de répondre dans les prochaines heures. Quelques pistes se dessinent déjà à l'horizon.

Ansar al-Jihad al-Alami

Hier, un communiqué de presse a été trouvé à l'un des principaux endroits utilisés par Al-Qaïda pour communiquer avec les groupes djihadistes. Selon William McCants, professeur à l'université John Hopkins à Washington et expert du terrorisme, un groupe appelé Ansar al-Jihad al-Alami («Les aides du jihad mondial») y revendique les attentats d'hier. L'auteur du communiqué reproche à la Norvège sa présence en Afghanistan et l'accuse d'avoir «insulté le prophète». Cette deuxième accusation pourrait faire référence à la publication de 12 caricatures de Mahomet dans le journal Magazinet, en 2005. Dans le communiqué, le groupe Ansar al-Jihad al-Alami revendique un autre attentat terroriste, perpétré en Suède en décembre dernier, au cours duquel deux personnes ont été blessées lors de l'explosion de voitures piégées. La revendication du groupe obscur a fait long feu sur l'internet. L'homme qui l'a mise en ligne, Abu Sulayman al-Nasir, s'est plus tard rétracté.

Ansar al-Islam

Selon Jabeur Fathally, professeur et chercheur en droit à l'Université d'Ottawa, une piste plus crédible est celle d'Ansar al-Islam, organisation kurde irakienne sunnite qui figure sur la liste des organisations terroristes aux États-Unis et au Canada. «Cette organisation n'hésite pas à s'en prendre à des civils», fait valoir l'expert, qui étudie le terrorisme islamiste depuis près de 10 ans.

Le fondateur d'Ansar al-Islam, le mollah Krekar, est actuellement emprisonné en Norvège, où il a élu domicile après avoir fui l'Irak de Saddam Hussein. Le pays l'a récemment accusé de terrorisme après qu'il eut proféré des menaces contre Erna Solberg, ex-ministre et chef du Parti conservateur. Craignant d'être exécuté s'il est expulsé en Irak, le mollah Krekar (Najmeddine Faraj Ahma de son vrai nom) a promis que la personne responsable de son renvoi subirait le même sort que lui.

«L'attentat d'hier est peut-être un avertissement lancé par le mouvement du mollah Krekar. Ce groupe est très présent dans les pays scandinaves, qui abritent d'importantes communautés kurdes.» Selon l'Institut kurde de Paris, plus de 20 000 Kurdes vivent en Norvège. Le mollah Krekar fait depuis longtemps grincer des dents les Norvégiens. En 2006, il a notamment fait l'éloge dans les médias des leaders d'Al-Qaïda, Abou Moussab al-Zarquaoui et Oussama ben Laden.

Al-Qaïda

Plusieurs médias ont vite évoqué l'hypothèse d'Al-Qaïda, hier. En 2003, Ayman al-Zawahiri avait annoncé que la Norvège faisait partie des cibles légitimes d'Al-Qaïda pour sa participation à la guerre en Afghanistan. Zawahiri a récemment été proclamé successeur d'Oussama ben Laden. «Il pourrait vouloir faire un geste d'éclat pour marquer son arrivée à la tête d'Al-Qaïda, note M. Fathally, mais c'est loin d'être une certitude.» La Norvège n'a actuellement que 500 militaires en Afghanistan, l'un des plus petits contingents.

Mouvement extrémiste norvégien

L'arrestation de celui qui a ouvert le feu dans l'île d'Utoya ouvre pour sa part une autre piste. La police a confirmé hier que l'homme, un grand blond, est de nationalité norvégienne. Les enquêteurs ont aussi estimé hier soir qu'il y a un lien entre l'attentat contre l'édifice gouvernemental du centre-ville d'Oslo et celui de l'île. «Plusieurs Norvégiens se souviennent de l'attentat d'Oklahoma. Tout le monde avait d'abord soupçonné les terroristes islamistes, mais finalement il avait été commis par des gens de l'extrême droite. L'extrême droite norvégienne est petite, mais c'est le problème avec ce genre d'attaque. Ça ne prend pas beaucoup de gens pour réussir un tel acte», a dit hier Stale Ulriksen, directeur de l'Institut norvégien d'affaires internationales, au Christian Science Monitor.




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