La France a constaté lundi une «explosion souterraine artificielle» d'une puissance d'environ 2 kilotonnes lors de ce qui a été présenté comme un nouvel essai nucléaire par la Corée du Nord, a indiqué jeudi le ministère français de la Défense.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le Commissariat à l'énergie atomique a détecté un phénomène sismique classifié comme une explosion souterraine artificielle et non pas comme un phénomène sismique naturel» avec une secousse sismique de 4,5 sur l'échelle ouverte de Richter, a indiqué le porte-parole du ministère Laurent Teisseire.Cette conclusion ressort d'un «certain nombre de caractéristiques techniques (de l'explosion) mais aussi de sa localisation, très proche de celle où s'était opéré le premier essai nord-coréen en 2006», a-t-il précisé lors de son point de presse hebdomadaire.

Pour autant, a encore relevé M. Teisseire, les «modes de détection ne permettent pas en eux-mêmes d'apprécier s'il s'agit d'une explosion nucléaire» ou conventionnelle.

Le CEA, a-t-il rappelé, fait partie du réseau de détection des tirs nucléaires déployé après la signature en 1996 du Traité international d'interdiction complète des essais nucléaires (Tice).

La kilotonne est une unité de mesure d'énergie explosive équivalant à mille tonnes de TNT, un puissant explosif. À titre de comparaison, la bombe larguée par les États-Unis sur la ville japonaise d'Hiroshima avait une puissance de 13 kilotonnes.

Lundi, l'Agence météorologique japonaise, également chargée d'enregistrer les séismes, avait estimé que l'essai nord-coréen était «quatre fois» plus puissant que celui de 2006 avec «une magnitude de 5,3 alors que le précédent essai était de 4,9».

Des sismologues américains ont pour leur part estimé que l'essai nucléaire de lundi en Corée du Nord était environ cinq fois plus puissant que le précédent réalisé par ce pays en 2006,

La Corée du Nord avait annoncé pour sa part que son essai nucléaire avait été couronné de succès et qu'il s'était déroulé «à un niveau supérieur en termes de puissance explosive et de contrôle de cette technologie».