L'essai nucléaire nord-coréen a suscité lundi une vague de protestations dans le monde, plusieurs pays réclamant des sanctions de l'ONU, tandis que le président américain Barack Obama appelait la communauté internationale à réagir.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président Barack Obama a «fermement» condamné ce nouvel essai qui représente «une grave menace pour la paix et la sécurité mondiales».

«Les agissements de la Corée du Nord mettent en danger les peuples d'Asie du nord-est». Ils contredisent les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, a-t-il ajouté.

«Les États-Unis et la communauté internationale doivent agir», a affirmé M. Obama, appelant à «une pression internationale accrue». La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a souhaité un front «ferme et uni» face à la menace nucléaire nord-coréenne.

Le secrétaire général de l'ONU, le sud-Coréen Ban Ki-moon, s'est dit «profondément inquiet».

L'OTAN a condamné «fermement» les essais nucléaires et balistiques qui constituent «une sérieuse menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région Asie-Pacifique». L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a qualifié l'action de «menace pour la stabilité régionale et mondiale».

Principale alliée de la Corée du Nord, la Chine s'est déclarée «résolument opposée» à l'essai nucléaire nord-coréen, appelant Pyongyang à «cesser toute action susceptible d'envenimer la situation» et «à respecter ses engagements de dénucléarisation».

La Russie, soucieuse de préserver de bonnes relations avec le régime communiste nord-coréen, s'est dite «inquiète», mais a appelé à «ne pas céder à l'hystérie».

«Les dernières actions de la Corée du Nord provoquent une escalade en Asie du nord-est et menacent la sécurité et la stabilité dans la région», selon Moscou, pour qui l'essai nucléaire de lundi «est un coup sérieux porté aux efforts internationaux pour renforcer le Traité de non-prolifération (TNP)».

Le diplomate en chef de l'Union Européenne, Javier Solana, a qualifié l'essai nucléaire d'«acte irresponsable» méritant «une réaction ferme de la communauté internationale».

Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il a condamné cette «provocation» d'un «régime totalitaire qui n'est pas capable de nourrir proprement sa population et qui trouve des ressources pour des armes nucléaires».

Pour Londres, l'initiative nord-coréenne, «erronée, malencontreuse», représente «un danger pour le monde», tandis que le Canada a dénoncé des agissements «provocateurs» .

La France a réclamé au Conseil de sécurité «les sanctions les plus fermes vis-à-vis de la Corée du Nord». L'Italie a dénoncé une «menace pour la paix régionale et internationale».

La Suède s'est alarmée que Pyongyang «continue de provoquer la communauté internationale» et la Pologne a exprimé sa «profonde inquiétude». Prague a condamné «énergiquement» le test, la Finlande estimant qu'il «menaçait la paix et la stabilité».

Autre puissance nucléaire, l'Inde a jugé «malheureux» le nouvel essai, dénonçant «une violation des engagements internationaux» de Pyongyang.

Israël espère que «la communauté internationale va réagir avec fermeté à cet essai nord-coréen pour envoyer un message clair à d'autres pays».

Qualifiant l'essai nucléaire d'«acte intolérable», le Japon, voisin et ennemi de Pyongyang, a demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, et préconise une nouvelle résolution sanctionnant le régime communiste.

La Corée du Sud a de son côté parlé de «grave menace pour la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et en Asie du Nord-est». Le Vietnam s'est dit «gravement préoccupé», estimant que l'essai allait «compliquer la situation» dans la région.

Séoul compte demander au Conseil de sécurité de l'ONU «de prendre les mesures appropriées», en coopération étroite avec les autres pays participant aux négociations à six (deux Corée, États-Unis, Chine, Russie, Japon).

Ces laborieuses discussions sur le désarmement nucléaire de Pyongyang sont interrompues depuis que la Corée du Nord s'en est retirée, en avril, pour protester contre sa condamnation à l'ONU après son tir de fusée.