Six semaines après la catastrophe qui a frappé Haïti, l'électricité a été rétablie dans près de la moitié de la capitale Port-au-Prince.

Mis à jour le 25 févr. 2010
Frank Bajak ASSOCIATED PRESS

Toutefois, ce sont surtout les banlieues des collines du sud, qui surplombent des alentours entièrement plongés dans le noir à la tombée du jour, là où résident la plupart des réfugiés sous des tentes.

Même avant le 12 janvier, la distribution d'électricité était chaotique en Haïti, avec une dizaine d'heures quotidiennes de courant, servant un quart de la population, dont moins de la moitié sont des clients payants.

Si Haïti veut sortir de son rang de pays le plus pauvre des Amériques, elle doit construire un système électrique bien meilleur que la compagnie d'électricité hautement subventionnée qui absorbaient des fonds considérables avant le séisme, estiment les experts.

La société Electricité d'Haïti est quasiment en faillite, comme le gouvernement auquel elle appartient, avec 2 500 employés et 15 millions de dollars de paie à régler chaque mois.

«Les clients qui paient pouvaient se compter sur les doigts d'une main» témoigne Joseph Dessier, 47 ans, à propos du village de Debrose, avant la catastrophe. Le nombre des branchements clandestins était si élevé que périodiquement, cela faisait sauter le transformateur local. «Comment voulez vous faire payer les gens dans les bidonvilles?» s'interroge notre interlocuteur, qui vit dans une cabane de ferrailles et de cartons coiffée d'une bâche dans un ancien garage automobile, avec sa femme et cinq enfants.

Il faudra six mois à un an pour amener du matériel permettant d'électrifier les zones qui ne le sont pas encore, selon Myk Manon, un ingénieur auprès de l'association nationale des coopératives d'électricité rurales américaines. «Jusque là, beaucoup de gens resteront dans le noir», prévoit-il.

«Comme dans beaucoup de pays, l'électricité est un outil politique, souligne le coopérant. C'est pourquoi les tarifs sont si bas et pourquoi ils perdent tant d'argent».