La France veut clore l'affaire rapportée dans différents médias à travers le monde voulant qu'elle trouve que les États-Unis agissent de façon unilatérale en Haïti.

Émilie Côté LA PRESSE

Cela fait suite à une sortie du secrétaire d'État français à la coopération, Alain Joyandet, qui a accusé les États-Unis de prendre le contrôle d'Haïti. «J'espère que les choses seront précisées quant au rôle des États-Unis, parce qu'il s'agit d'aider Haïti, il ne s'agit pas d'occuper Haïti», a-t-il déclaré samedi. Il dénonçait notamment le fait que les autorités américaines, qui gèrent le trafic aérien à l'aéroport de Port-au-Prince, aient détourné un vol français avec de l'équipement médical à Saint-Domingue, en République-Dominicaine.

Mais Alain Joyandet a fait son mea-culpa et l'Élysée a fait paraître un communiqué mardi pour calmer la tempête. «Lors de leur entretien téléphonique la semaine dernière, le président de la République et le président Obama ont constaté l'engagement déterminé de nos deux pays en Haïti, et décidé de joindre leurs efforts pour faire face à l'urgence humanitaire et répondre, demain, aux besoins immenses de la reconstruction.»

Le communiqué poursuit comme suit: «les autorités françaises sont depuis lors pleinement satisfaites de la coopération entre nos deux pays et au-delà, de la coordination permanente entre les centres de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes et du Département d'État américain. Elles tiennent à saluer la mobilisation exceptionnelle des États-Unis en faveur d'Haïti et le rôle essentiel qu'ils jouent sur le terrain.»

Médecins sans frontières (MSF) a aussi critiqué au cours des derniers jours le fait que deux de ses avions avec de l'équipement médical aient aussi été détournée à Saint-Domingue.

Sur les ondes de CNN, l'ambassadeur des États-Unis en Haïti a expliqué avant-hier que les forces américaines faisaient ce qu'elles pouvaient. «Nous regrettons que certains soient mécontents, mais nous avons pu répondre à leurs préoccupations», a déclaré Kenneth Merten.

En fin de semaine, l'ONU s'est entretenue et s'est entendu avec les autorités américaines pour donner la priorité d'atterrissage aux- avions de l'aide humanitaire.

Soulignons que le président vénézuélien Hugo Chavez a aussi accusé Washington d'utiliser le prétexte du séisme pour occuper le pays.