La Maison-Blanche a déclaré vendredi que les États-Unis étaient en «guerre» contre les djihadistes de l'État islamique (EI), une mise au point après un flottement sémantique sur la stratégie annoncée mercredi par Barack Obama.

Mis à jour le 12 sept. 2014
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le secrétaire d'État John Kerry, en tournée au Moyen-Orient pour réunir la coalition la plus large possible contre l'EI, a semblé réticent à utiliser le terme de «guerre» pour qualifier l'élargissement de l'opération militaire américaine contre l'État islamique en Irak et Syrie.

Mais vendredi, le Pentagone et la Maison-Blanche ont laissé peu de doute sur leur manière de voir le conflit.

«Les États-Unis sont en guerre contre l'EI de la même manière que nous étions en guerre contre Al-Qaïda et ses alliés dans le monde», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, lors du point presse quotidien.

Même message chez le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby: «Nous sommes en guerre contre l'EI de la même manière que nous sommes en guerre et continuons de l'être avec Al-Qaïda et ses alliés», a-t-il dit.

Le secrétaire d'État John Kerry avait préféré la veille parler d'«opération antiterroriste de grande envergure», dans une interview à la chaîne américaine CBS.

«Le mot ''guerre'' est une mauvaise terminologie et analogie, mais le fait est que nous sommes engagés dans un effort international d'importance pour juguler le terrorisme», avait-il déclaré.

Cette guerre des mots peut paraître futile quand les avions et les drones américains ont procédé depuis le mois d'août à plus de 160 frappes en Irak.

Mais elle est le signe que l'administration américaine reste très prudente face à une opinion lassée par des années de lutte contre les islamistes en Irak comme en Afghanistan.

Washington a par ailleurs répété vendredi qu'une coordination entre le régime du président syrien Bachar al-Assad et les États-Unis contre l'EI restait hors de question.

«Ils ont créé ce vide sécuritaire. Nous n'allons pas travailler avec eux», a dit Marie Harf, porte-parole adjointe du département d'État.

Une réponse à une responsable syrienne qui avait plaidé plus tôt vendredi pour l'inclusion de Damas dans la coalition internationale.