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La satire contre l'EI

Pour les créateurs de la série, dont le... (PHOTO ARCHIVES AP)

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Pour les créateurs de la série, dont le premier épisode a été diffusé samedi sur la chaîne publique Iraqiya, banaliser et ridiculiser Abou Bakr Al-Baghdadi (ci-dessus) et ses djihadistes peut permettre d'écorner leur image de méchants sanguinaires presque surnaturels.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Ammar Karim
Agence France-Presse
BAGDAD

Le chef du groupe État islamique et «calife» autoproclamé ne se montre jamais. Mais les Irakiens vont bientôt le voir souvent à la télévision, pour en rire plutôt qu'en pleurer, dans une nouvelle série satirique visant à les décomplexer face aux djihadistes.

Pour les créateurs de la série, dont le premier épisode a été diffusé samedi sur la chaîne publique Iraqiya, banaliser et ridiculiser Abou Bakr Al-Baghdadi et ses djihadistes peut permettre d'écorner leur image de méchants sanguinaires presque surnaturels.

Le sentiment de peur qu'inspire le groupe État islamique (EI) en rendant publiques, via internet, ses nombreuses exactions lui a permis de gagner du terrain, parfois même sans combattre les forces de l'ordre terrorisées.



Entre deux prises, Thaer Jiyad, un responsable de la production, explique à l'AFP que le but de la série est «de supprimer la peur qui s'est enracinée dans l'esprit des gens».

«La seule solution, avec ces groupes fondamentalistes, est de les regarder en face, et ça commence par leurs leaders», ajoute-t-il.

Malgré cet objectif d'encourager la population à dépasser sa frayeur, l'idée de s'exposer à une possible vengeance pour s'être moqué des djihadistes a détourné certains protagonistes du projet.

«Nous avons eu des difficultés, notamment quand certains acteurs ont eu peur de tourner par crainte pour leur sécurité», admet ainsi le réalisateur Ali al-Qassem.

Mais ceux qui ont fini par s'engager dans l'aventure ont maintenant le sentiment de prendre part à l'effort de guerre.

«On doit tous défendre ce pays, assure Ali al-Qassem. Nous, nous ne sommes pas à même d'utiliser des armes, mais nous pouvons quand même aider à défaire l'EI à travers notre travail».

Si cette émission constitue la nouvelle arme irakienne contre l'EI, ses premiers tirs ont failli rater leur cible.

Rectifier le tir

Dans les premiers extraits qu'Iraqiya a diffusés plusieurs fois par jour pendant des semaines, l'idée développée était celle, largement répandue en Irak, que l'EI avait été créé par la CIA, Israël et les monarchies du Golfe.

Encore disponibles sur l'internet, ces images mettent en scène un personnage tout de rouge vêtu muni d'une fourche menant une colonne de djihadistes à travers le désert. Arrivé à un campement, un homme au look de cowboy, inévitablement américain, le conduit dans une tente pour un mariage arrangé avec une reine, juive comme l'indique la grosse étoile de David à son cou.

Elle est escortée par une femme portant lunettes de soleil et tenue verte chic, référence - explicite au Moyen-Orient - à la mère de l'émir du Qatar, cheikha Mozah, figure incontournable de l'émirat.

Le Joker, le fameux méchant dans Batman, Dracula et un nain apparaissent également, dansant sur les airs d'un hymne djihadiste parodié, qui sert de générique à la série.

«L'oeuf a éclos, un bébé-EI est apparu», dit la chanson alors que la scène suivante montre le fruit des noces. Un Abou Bakr Al-Baghdadi miniature sort de la coquille et enjoint un choeur composé d'officiers de l'ancien parti Baas du dictateur Sadam Hussein à déclamer son programme sanglant. «O coupeur de tête, où es-tu ?», chantent-ils en guise de refrain.

Dans une scène finale à la «Pulp fiction», le calife se met à descendre les Baassistes un à un, référence un peu téléphonée à Faust et son pacte avec le diable.

Inutile de dire que lorsque les États-Unis se sont mis à bombarder les djihadistes en Irak le mois passé et ont pris la tête d'une coalition internationale comprenant plusieurs pays du Golfe, dont le Qatar, il a fallu recadrer les choses rapidement.

Le cowboy américain et cheikha Mozah ont ainsi disparu de la nouvelle version du clip.




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