Les États-Unis ont affirmé jeudi que le régime de Mouammar Kadhafi distribue du Viagra à ses soldats pour violer des femmes, soulignant ainsi que la coalition, accusée par certains pays de dépasser le mandat de l'ONU, est confrontée à un adversaire atypique.

Publié le 28 avr. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Lors d'une séance à huis clos du Conseil de sécurité, l'ambassadrice des États-Unis Susan Rice a indiqué que les forces de Kadhafi «étaient approvisionnées en Viagra pour que les soldats puissent commettre des viols», a rapporté l'un des diplomates présents.

L'ambassadrice n'a pas donné de sources pour étayer ces accusations. Mais un autre diplomate a expliqué qu'elle avait fait ce commentaire lors d'un débat avec un autre ambassadeur pour illustrer le fait que «la coalition est confrontée à un adversaire qui commet des actes répréhensibles».

Cette annonce intervient alors que la Russie et d'autres pays du Conseil affirment que la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis et leurs alliés, dont les avions patrouillent au-dessus de la zone d'exclusion aérienne en Libye, excèdent le mandat défini par les résolutions du Conseil de sécurité.

Vitali Tchourkine, ambassadeur russe à l'ONU, a souligné que les résolutions 1970 et 1973 qui autorisent une action militaire en Libye pour protéger les civils «devaient être mises en oeuvre strictement et justement».

«Nous sommes inquiets de l'escalade de la violence dans le conflit militaire qui fait de plus en plus de victimes civiles», a-t-il dit à des journalistes.

Les États-Unis insistent sur le fait que les actions de la coalition respectent le cadre fixé par ces résolutions.

La mission américaine à l'ONU n'avait pas immédiatement commenté les informations évoquant le recours au Viagra.