Ankara et Washington ont discuté lundi de la création d'une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie, après un nouvel épisode de tensions à propos du sort des milices kurdes YPG.

Mis à jour le 14 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président américain Donald Trump a menacé dimanche de « dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes », alors qu'Ankara menace depuis plusieurs semaines de déclencher une nouvelle offensive contre les Unités de protection du peuple (YPG), un groupe armé kurde considéré comme « terroriste » par Ankara mais appuyé par Washington dans la lutte contre l'organisation État islamique (EI).

Ankara a assuré lundi ne pas être « intimidé » par de telles menaces et assuré qu'il continuerait de combattre les YPG.

Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan se sont ensuite entretenus au téléphone lundi soir et ont alors « abordé l'idée de la création d'une zone de sécurité nettoyée du terrorisme dans le nord du pays », selon un communiqué de la présidence turque.

Si le texte ne donne pas davantage de détails sur le sujet, M. Trump avait déjà évoqué dans un tweet dimanche la création en Syrie d'une « zone de sécurité » de 30 kilomètres.

Son secrétaire d'État Mike Pompeo a précisé lundi, à l'issue d'une visite en Arabie saoudite, qu'il s'agirait d'une zone située le long de la frontière turque, afin de protéger à la fois les milices kurdes et la Turquie.

« Nous voulons une frontière sûre » et « sans violences » pour « toutes les parties », a-t-il dit.

Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, a assuré que la Turquie n'est « pas contre » un tel projet et rappelé qu'Ankara a plusieurs fois réclamé ces dernières années la création d'une zone d'une trentaine de kilomètres de largeur pour protéger sa frontière avec la Syrie des positions tenues par les YPG. Une proposition jusque-là restée lettre morte.

Les YPG sont l'un des principaux sujets de discorde entre Ankara et Washington, deux alliés au sein de l'OTAN dont les relations se sont sensiblement dégradées depuis 2016.

Selon le compte-rendu de la Maison-Blanche, M. Trump a ainsi souligné lors de l'entretien téléphonique « l'importance pour les États-Unis que la Turquie ne maltraite pas les Kurdes ».