Armes chimiques en Syrie: mobilisation à Paris, Washington accuse la Russie

La Ghouta orientale est assiégée depuis 2013 par... (PHOTO archives AFP)

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La Ghouta orientale est assiégée depuis 2013 par le régime de Bachar al-Assad.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Valérie LEROUX, Francesco FONTEMAGGI
Agence France-Presse
Paris

Vingt-quatre pays ont lancé mardi à Paris une initiative contre les attaques chimiques en Syrie dont le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a accusé la Russie, alliée de Damas, de porter la responsabilité.

«Encore hier, plus de vingt civils, enfants pour la plupart, ont été victimes d'une attaque présumée au chlore», a déclaré le secrétaire d'État américain lors d'une conférence de lancement de ce partenariat international, voulu par la France, pour riposter au récent veto russe à l'ONU sur cette question.

«Quel que soit l'auteur des attaques, la Russie», en tant qu'allié du régime syrien de Bachar al-Assad, «porte, en dernier ressort, la responsabilité pour les victimes de la Ghouta orientale», en Syrie, a-t-il lancé, en rappelant qu'elle avait signé un accord avec les États-Unis en 2013 sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a lui prévenu «les criminels qui ont pris la responsabilité d'utiliser et de concevoir ces armes barbares» qu'il n'y aurait «pas d'impunité».

La conférence devait être suivie en fin de journée dans la capitale française par une réunion à huis clos sur la Syrie, à l'initiative de Rex Tillerson et Jean-Yves Le Drian.

Leur homologue britannique Boris Johnson ainsi que plusieurs ministres européens et du Moyen-Orient devaient également y participer. Il s'agit, selon un communiqué du Foreign Office britannique, de voir «comment progresser le mieux vers une solution politique au conflit et soutenir les efforts de l'émissaire de l'ONU pour la Syrie».

Paris et Washington ont toutefois relativisé les attentes avant cette réunion alors que le président français Emmanuel Macron plaide depuis des mois pour la création d'un groupe de contact sur la Syrie, réunissant les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU et des pays de la région.

Concrètement, lors de la conférence contre l'impunité de l'utilisation d'armes chimiques, 24 pays se sont engagés à partager des informations et à établir des listes de personnes impliquées dans leur utilisation, en Syrie, où la guerre a fait plus de 340 000 morts depuis 2011, mais aussi ailleurs dans le monde.

Cette initiative intervient après un double veto russe au renouvellement du mandat d'experts internationaux sur l'emploi d'armes chimiques en Syrie.

«Chlore, sarin, gaz moutarde, VX: ces noms de mort sont revenus sur le devant de la scène internationale et avec eux les images terribles des victimes de ces armes de terreur», a énuméré Jean-Yves Le Drian.

Nouvelle séquence diplomatique

«La situation actuelle ne peut plus durer», a-t-il martelé, déplorant l'impossibilité «de bâtir un consensus international condamnant la Syrie au Conseil de sécurité et à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC)».

La France a ainsi décrété mardi le gel d'avoirs contre 25 entités et responsables d'entreprises syriennes, mais aussi françaises, libanaises ou chinoises soupçonnées «d'alimenter le programme syrien de conception et réalisation d'armes chimiques».

Aucun responsable du régime n'est en revanche visé. «Nous n'avons pas aujourd'hui d'éléments permettant d'engager cette démarche», concède-t-on au Quai d'Orsay.

Au moins 130 attaques chimiques ont été perpétrées en Syrie entre 2012 et 2017, selon une évaluation française.

Les enquêteurs de l'ONU et de l'OIAC ont conclu à la responsabilité du régime syrien dans quatre d'entre elles, dont l'une, au sarin, a tué au moins 80 personnes le 4 avril 2017 à Khan Cheikhoun.

La Russie, qui soutient militairement Bachar al-Assad, accuse de son côté les enquêteurs de partialité. Le groupe djihadiste État islamique (EI) est aussi soupçonné d'avoir utilisé du gaz moutarde en Syrie et en Irak.

C'est dans ce climat tendu, envenimé par l'offensive de la Turquie dans le nord de la Syrie contre une milice kurde accusée de «terrorisme» alors qu'elle est pourtant alliée de Washington dans la lutte contre les jihadistes, que s'ouvre une nouvelle séquence diplomatique sur la crise syrienne.

Rex Tillerson s'est entretenu mardi à Paris avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu, mais rien n'a filtré de leur rencontre.

Les pourparlers sous l'égide des Nations unies, qui piétinent, reprennent jeudi à Vienne. Moscou est de son côté à la manoeuvre avec une initiative de paix associant Iran et Turquie, qu'elle espère concrétiser le 30 janvier à Sotchi.

Les États-Unis ont annoncé le 17 janvier que l'armée américaine resterait en Syrie jusqu'à ce que l'EI soit totalement vaincu, mais aussi pour contrer l'influence iranienne et aider à chasser Bachar al-Assad.




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