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Guerre civile en Syrie: «Amnésie collective»

Des membres de la brigade Liwaa Ahrar Suriya,... (Photo Hamid Khatib, Reuters)

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Des membres de la brigade Liwaa Ahrar Suriya, branche de l'armée syrienne libre, prennent position à Alep.

Photo Hamid Khatib, Reuters

Adoptée à l'unanimité par les pays membres de l'ONU en 2005, la doctrine sur la Responsabilité de protéger n'a pas empêché Bachar al-Assad de tuer plus de 100 000 civils syriens depuis trois ans. Une indication de la dérive subie par cet ultime recours censé protéger les citoyens les plus vulnérables de la planète, rapporte notre journaliste.

Les années changent, mais les images restent les mêmes: des cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants, abandonnés près des murs, le long des routes, alignés à la hâte par ceux qui ont échappé à la mort.

Les victimes des exactions en cours en Syrie font quotidiennement la démonstration que les tortionnaires ont la voie libre pour accomplir les pires massacres - tant qu'ils tuent à l'intérieur de leurs propres frontières.

«Pourtant, ces civils sont censés être protégés - par nous», laisse tomber l'ancien ministre des Affaires étrangères du Canada et deux fois président du Conseil de sécurité de l'ONU, Lloyd Axworthy. Mais nous avons failli à la tâche. Nous souffrons d'amnésie collective.»

Au début des années 2000, M. Axworthy a mis sur pied la Commission internationale sur l'intervention et la souveraineté des États, dont les travaux ont mené à la doctrine sur la Responsabilité de protéger (R2P), adoptée à l'unanimité par les membres de l'ONU, en 2005. À l'époque, les images du génocide rwandais et du massacre de Srebrenica, en Bosnie, étaient toujours fraîches dans la mémoire des délégués.

Huit ans plus tard, M. Axworthy estime que la R2P est devenue une coquille vide.

«Quand nous l'avons créée, la Responsabilité de protéger était un plan d'action solide, a-t-il confié en entrevue à La Presse cette semaine. Avec les années, c'est devenu un concept pointu dont débattent les experts. Nous avons oublié que la communauté internationale s'est engagée à mettre fin aux massacres, par la force, si nécessaire.»

Impasse à l'ONU

Philippe Bolopion, directeur des relations avec l'ONU de Human Rights Watch, à New York, estime que le gâchis syrien met en relief la «faillite monumentale» du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais il refuse de faire porter le blâme à la communauté internationale.

«C'est la Russie et, dans une moindre mesure, la Chine qui permettent à Assad d'agir en toute impunité, dit-il en entrevue. La Russie soutient et arme le régime, fait de l'obstruction sur tous les plans.»

Pour espérer faire cesser les atrocités, dit-il, il faut que le Conseil de sécurité adopte une résolution pour renvoyer le dossier syrien à la Cour pénale internationale (CPI), qui serait chargée d'aller sur le terrain et de traduire en justice les responsables des massacres.

«C'est ce qui s'est produit au Darfour et plus récemment en Libye. Ça lancerait un message clair au gouvernement comme aux rebelles: «Vos crimes ne resteront pas impunis»", souligne M. Bolopion.

Pour M. Axworthy, actuel président de l'Université de Winnipeg, l'ONU ne se limite pas au Conseil de sécurité, et la paralysie actuelle aurait pu être évitée si le secrétaire général Ban Ki-moon l'avait décidé.

«L'Assemblée générale aurait pu se prononcer dans un vote, des États membres auraient pu explorer d'autres avenues, utiliser leur autorité morale... Mais le secrétaire général n'a pas poursuivi cette voie. Le veto des membres permanents est un produit de la Seconde Guerre mondiale, pour éviter que les nations ne s'attaquent entre elles. Aujourd'hui, il sert à faire de l'obstruction. Il est grand temps de réformer cette institution.»




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