Le président syrien Bachar al-Assad a assuré à un journal allemand que l'Europe paierait le prix d'éventuelles livraisons d'armes aux rebelles.

Publié le 17 juin 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Si les Européens livrent des armes, l'arrière-cour de l'Europe deviendra (un terrain) pour le terrorisme et l'Europe en paiera le prix», affirme Bachar al-Assad dans un entretien à paraître mardi qu'il a accordé à Damas au Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), selon un extrait diffusé lundi.

La conséquence de livraisons d'armes serait une exportation du terrorisme en Europe, poursuit le président, cité au style indirect. «Des terroristes reviendront (en Europe) avec une expérience du combat et une idéologie extrémiste», dit Bachar al-Assad, tandis que le G8 qui s'ouvrait ce lundi en Irlande du Nord devait discuter de la Syrie.

Bachar al-Assad rejette en outre les accusations des Occidentaux selon lesquels l'armée syrienne a fait usage d'armes chimiques contre les rebelles.

«Si Paris, Londres et Washington avaient une seule preuve de leurs allégations, ils les auraient présentées au monde», dit-il.

La Maison-Blanche a nettement durci sa position face au régime syrien la semaine dernière, l'accusant clairement, pour la première fois, d'avoir eu recours aux armes chimiques, et notamment à du gaz sarin, dans sa guerre contre les rebelles.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Meqdad, a de son côté affirmé lundi que vouloir armer les rebelles était un «appel au meurtre».

Au G8, les pays occidentaux voulaient tenter d'arracher des concessions sur la Syrie au président russe Vladimir Poutine, plus déterminé que jamais dans son soutien au régime de Damas.

Les forces du régime syrien, épaulées par le mouvement chiite libanais Hezbollah, ont repris le 5 juin le bastion stratégique rebelle de Qousseir dans la province centrale de Homs. 

La semaine dernière, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a déploré la progression sur le terrain des troupes du régime, jugeant que «s'il n'y a pas de rééquilibrage sur le terrain» en faveur des rebelles, la conférence de paix de Genève-2 sera compromise.