Des djihadistes se sont emparés lundi de la base Cheikh Souleimane, dernière place forte de l'armée à l'ouest d'Alep, portant un coup dur au régime et renforçant leur assise dans le Nord syrien, au détriment des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).

AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans le même temps, les troupes gouvernementales, appuyées par l'artillerie et l'aviation, ont repris leurs bombardements sur la périphérie de Damas, où le régime veut à tout prix se débarrasser des bases arrière installées par les rebelles.

Après près de 21 mois de violences qui ont fait plus de 42 000 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), la communauté internationale s'inquiète d'une possible utilisation par le régime d'armes chimiques, un scénario cependant peu probable selon les experts.

En prenant lundi la totalité de la base de Cheikh Souleimane, «l'opposition armée a enregistré un gain significatif», a noté Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Mais même si l'ASL «tente de revendiquer la victoire, ce n'est pas la sienne. C'est celle du Front (islamiste radical) Al-Nosra et des groupes qui lui sont liés», a-t-il expliqué.

«Nous nous sommes faits doubler (par les islamistes)», avait auparavant confié à l'AFP une source au sein de l'ASL.

Al-Nosra, un mouvement inconnu avant la révolte, a percé de façon fulgurante en Syrie, se déployant sur la quasi-totalité des fronts.

Des vidéos mises en ligne par des militants ont montré ses combattants progresser dans la base désertée en brandissant l'étendard des djihadistes, le drapeau noir frappé de la profession de foi musulmane.

Ils affirment appartenir au bataillon al-Mouhajirine, une brigade islamiste liée à Al-Nosra, et montrent plusieurs batteries anti-aériennes. «Voilà avec quoi ils bombardaient les civils», lance un combattant en désignant une batterie sur laquelle est juché un de ses camarades.

Pas d'armes chimiques



Les rebelles, en très grande majorité des jihadistes appartenant au Front Al-Nosra, ont pris lundi le contrôle de la base militaire de Cheikh Souleimane, dans le nord de la Syrie, mais n'ont trouvé ni armes chimiques ni missiles anti-aériens, a affirmé un de leurs chefs à l'AFP.

« Nous contrôlons toute la base, toute la zone est sous notre contrôle, tout l'ouest d'Alep est libéré jusqu'à la frontière turque. Cependant, aucune arme chimique n'a été trouvée, ni missile anti-aérien », a déclaré le commandant Abou Jalal, chef du bataillon « Ahrar Darret Ezza », la seule unité de l'Armée syrienne libre (ASL) ayant participé à la prise de la base avec les islamistes radicaux.

Alors que les rebelles avaient affirmé à plusieurs reprises que cette base contenait des armes chimiques, Abou Jalal a cherché à expliquer leur absence par le fait que l'armée, selon lui, « sachant la base perdue, aurait transféré par hélicoptères les armes sensibles vers une base près de Tartous », dans le nord-ouest du pays contrôlé par le régime.

Il a assuré que c'était ses hommes qui contrôlaient le « centre de recherche scientifique » qui était censé selon les rebelles contenir les prétendues armes chimiques.

Le commandant a précisé que le butin se composait surtout de plusieurs tonnes de TNT, d'armes légères et de munitions. « Une partie de la base était minée », a-t-il ajouté, précisant que 50 soldats avaient été tués et une quarantaine d'autres fait prisonniers et remis au Front Al-Nosra.