Les opposants libyens tentent d'accentuer la pression sur les forces de Moammar Kadhafi sur un second front. Les insurgés libyens affirmaient dimanche progresser dans le djebel Nefoussa, les montagnes de l'Ouest de la Libye, évoquant des combats avec les troupes gouvernementales dans une ville située à moins de cent kilomètres au sud-ouest de Tripoli.

Adam Schreck ASSOCIATED PRESS

Dans la capitale, le gouvernement de Moammar Kadhafi assurait que le guide de la révolution libyenne, au pouvoir depuis 1969, est de «bonne humeur» et continue de gouverner le pays au quotidien. S'il a assuré que le colonel Kadhafi ne quitterait pas la Libye, le porte-parole du gouvernement libyen Moussa Ibrahim n'a toutefois pas voulu dire si le dirigeant libyen se trouvait toujours à Tripoli.

«Kadhafi est ici, il reste ici. Il dirige le pays. Il ne partira pas. Il ne démissionnera pas», a insisté Moussa Ibrahim devant la presse dimanche, défiant les insurgés et les forces de l'OTAN qui mènent depuis la fin mars des frappes aériennes contre les forces gouvernementales. «S'ils veulent continuer le combat, nous sommes prêts. Nous nous battrons rue par rue, maison par maison».

Pendant qu'il parlait, les tirs assourdissants de fusils automatiques résonnaient dans le centre de Tripoli, des tirs en l'air effectués par des femmes soldats et de jeunes recrues civiles lors d'une manifestation de soutien au gouvernement dans le capitale. D'après Ibrahim Moussa, quelque 1,2 million d'armes ont été distribuées par le régime à ses partisans dans l'ouest du pays pour qu'ils se défendent eux-mêmes contre les insurgés.

Ces derniers, qui contrôlent une grande partie de l'est du pays, disent gagner du terrain. D'après un porte-parole militaire de l'opposition dans le djebel Nefoussa, Gomaa Ibrahim, des combats opposaient depuis dimanche matin les insurgés aux troupes de Moammar Kadhafi à la périphérie Bair al-Ghanam, une ville située à environ 80 km au sud-ouest de Tripoli.

Selon Guma el-Gamaty, un porte-parole du Conseil national de transition (CNT), l'exécutif mis en place par l'insurrection à Benghazi, cette ville est importante, car elle n'est située qu'à 30 kilomètres au sud de Zaouia, un verrou stratégique à l'ouest de Tripoli.

L'insurrection avait pris le contrôle de Zaouia en mars avant d'être écrasée par les forces de Kadhafi qui ont repris la ville. Au début du mois de juin, de nouveaux combats avaient éclaté dans la ville, coupant brièvement l'accès à une autoroute stratégique le long de la côte qui traverse Zaouia, une ville de raffinerie pétrolière. L'autoroute relie la capitale à la frontière tunisienne et c'est l'une des principales routes d'approvisionnement de Moammar Kadhafi.

Tôt dimanche, un peu plus d'une centaine de Libyens sont arrivés par bateau à Tripoli depuis Benghazi, le fief de l'opposition. Le voyage était organisé par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui avait emmené environ 300 personnes dans l'autre sens, vers Benghazi vendredi.