(Buenos Aires) D’importants feux de prairies et de pâturages sévissent depuis plusieurs jours dans le delta du Parana en Argentine, sans faire de victime, mais infligeant d’épaisses fumées à plusieurs grandes agglomérations, alors que les autorités mettent en cause une pratique « criminelle » d’écobuages.

Publié le 16 août
Agence France-Presse

Plusieurs foyers recensés ces dernières semaines sur des îles du delta du Parana, dans la province d’Entre Rios au nord-ouest de Buenos Aires, ont détruit jusqu’à 10 000 hectares de végétation, selon l’Observatoire de l’Environnement de l’Université de Rosario.

Rosario, troisième ville la plus peuplée du pays, a été envahie lundi de fumées dégagées par ces incendies, et le Service météorologique a rapporté mardi des fumées et odeurs de brûlé, portées par des vents dominants nord-nord-ouest, sur l’agglomération de Buenos Aires, à 270 km, une situation amenée à durer jusqu’à mercredi au moins.

Trois avions de lutte contre le feu, un de surveillance, et trois hélicoptères étaient mobilisés mardi sur ces incendies.

Le vice-ministre de l’Environnement, Sergio Federovisky a pointé du doigt la pratique des écobuages, estimant « qu’allumer des incendies dans des conditions météo aussi défavorables, avec une sécheresse depuis quatre ans et la forte baisse du fleuve Parana, est criminel. Qui met le feu dans ces conditions ne peut ignorer le contexte ».

En cause la pratique, traditionnelle en cette saison, qui vise à brûler pour régénérer les champs en vue de semences ou pâtures à venir, mais aussi selon M. Federovisky un opportunisme qui tend à préparer la « transformation de zones humides en futurs développements immobiliers ».

Il a appelé à une justice diligente, d’autant que les autorités environnementales ont fourni une « géolocalisation exacte du début de chacun des incendies, fournie par les caméras de détection de chaleur installées dans la zone par le ministère de l’Environnement ».

Les autorités ont dénoncé « une action délibérée de propriétaires » et demandé à la province des données foncières pour identifier les propriétaires de terrains aux feux récurrents et les traduire en justice. « Si la justice ne prend pas des actes exemplaires », les zones humides du delta du Parana vont continuer de brûler, a appuyé le ministre de l’Environnement Juan Cabandié.

Quatre personnes ont été interpellées depuis lundi en lien avec ces incendies ou des tentatives d’incendie.