(Bogota) L’équipe de campagne de l’opposant de gauche Gustavo Petro, favori à la présidentielle du 29 mai en Colombie, a exigé un audit externe du logiciel qui sera utilisé pour le décompte du scrutin, après les incohérences constatées lors des législatives de mars dernier.

Publié le 17 mai
Agence France-Presse

Dans une lettre publique publiée lundi, le « Pacte historique », coalition menée par M. Petro, s’est « inquiétée » que le Registre civil national — en charge de l’organisation des élections —, n’ait pas encore « signé de contrat avec la société chargée de réaliser l’audit du logiciel ».

Le Pacte demande que le patron du Registre, Alexander Vega, « ordonne sans plus tarder l’audit international afin de donner la tranquillité d’esprit aux forces politiques et aux citoyens », selon la lettre.

La justice électorale avait déjà demandé en avril un examen externe du système après les élections législatives de la mi-mars. Le décompte final de ce scrutin a fait apparaître près de 400 000 voix en faveur de la coalition de gauche qui n’avaient pas été incluses dans les résultats publiés le jour même du scrutin.

Le « Pacte historique » a ainsi obtenu trois sièges supplémentaires au Parlement pour atteindre 45 au total et devenir le parti ayant le plus de sièges en son sein.

La coalition de droite des conservateurs et le parti au pouvoir, le Centre démocratique, ont perdu deux sièges par rapport au pré-comptage et ont contesté le résultat final.

En raison de cette controverse, le Conseil national électoral, composé de représentants des partis politiques, a demandé en avril au Registre national de procéder à « un audit international » des systèmes informatiques utilisés pour le pré-comptage et le dépouillement des votes.

Bien que le vote soit manuel en Colombie, les résultats sont traités et transmis par deux programmes numériques conçus par des entrepreneurs privés.

Plusieurs organisations de la société civile ont mis en doute la transparence de ces programmes et ont demandé un examen de leur code source.

Pour l’équipe de campagne de M. Petro, l’audit international n’a pas encore été lancé « alors que les entreprises ont déjà présenté leurs propositions techniques et leurs tarifs ».

Interrogé sur la question pendant le week-end, le patron du Registre civil, M. Vega, a assuré qu’une entreprise pour cet audit serait sélectionnée dans le courant de la semaine.

Gustavo Petro, sénateur de 62 ans, ancien membre d’une guérilla de gauche radicale converti à la social-démocratie, est en tête des sondages pour la présidentielle colombienne, dont le premier tour est prévu le 29 mai. Selon ces mêmes sondages, il faut cependant s’attendre à un second tour, prévu le 19 juin, pour que M. Petro l’emporte face au candidat conservateur et ancien maire de Medellin de 2016 à 2019, Federico Gutierrez.