(Barinas) La justice vénézuélienne a annulé lundi l’élection du gouverneur dans le Barinas (ouest), fief de la famille Chavez, imposant la tenue d’un nouveau scrutin en janvier sans le principal opposant, qui revendiquait la victoire dans cet État.

Mis à jour le 29 nov. 2021
Agence France-Presse

Le Barinas est le seul des 23 États vénézuéliens dont les résultats du scrutin régional du 21 novembre n’avaient pas été officialisés.  

Le Tribunal suprême de Justice (TSJ) « ordonne au Conseil national électoral (CNE) de convoquer les élections de gouverneur dans l’État de Barinas le 9 janvier », selon le texte de la décision de justice publié sur le site web du TSJ.

Le TSJ indique « que les projections consignées par le CNE donnent un pourcentage de vote en faveur du candidat (opposant) Freddy Superlano avec 37,60 % contre 37,21 % pour le candidat Argenis Chavez », frère de Hugo Chavez, mais « considère que l’inéligibilité » de Superlano « viole les principes d’égalité, d’équité et de transparence » des élections.  

Selon le texte, le TSJ s’appuie sur une demande du 17 août du Contrôleur général de la République, chargé de la surveillance de la gestion des fonds publics.  

Depuis le scrutin régional du 21 novembre, opposition comme pouvoir se disaient vainqueurs alors que les résultats provisoires donnaient un score très serré.

Dans la journée, le TSJ avait ordonné au CNE « la suspension immédiate des processus de comptage » jusqu’à ce qu’une décision sur le fond de l’affaire soit prise.

Le TSJ indiquait alors que M. Superlano, faisait « l’objet de procédures et de vérifications administratives et pénales » et ne pouvait exercer « aucune fonction publique ».  

Depuis le 21 novembre, partisans du pouvoir comme de l’opposition se sont rassemblés à plusieurs reprises pour revendiquer la victoire.

Le soir du vote, en se basant sur des résultats provisoires, le CNE avait placé en tête dans cet État de 970 000 habitants Argenis Chavez, gouverneur sortant, avec 37,05 % des suffrages.

Freddy Superlano était lui crédité de 36,79 %, l’élection se jouant à quelques dizaines de voix.

Mais, des projections plus récentes donnaient Superlano vainqueur.  

Au niveau national, le CNE avait annoncé, en se basant sur 90,21 % des résultats transmis, la victoire du parti du président Nicolas Maduro dans 20 des 23 États du pays. Il a depuis officialisé tous les résultats sauf celui du Barinas.

La décision de la justice est « une démonstration de plus du peu de volonté […] de reconstruire une route électorale pour une sortie de crise », avait réagi lundi lors de l’annonce de suspension du décompte des voix M. Superlano.  

Argenis Chavez a lui affirmé à plusieurs reprises qu’il avait remporté le scrutin.  

Le Barinas a été gouverné par Hugo de Los Reyes Chavez, père de Hugo Chavez, de 1998 à 2008, puis par Adan Chavez, frère de l’ex-président jusqu’en 2017, année de l’élection d’Argenis Chavez.

La mission d’observation de l’UE a elle souligné mardi plusieurs irrégularités lors des élections, évoquant « le manque d’indépendance judiciaire, la non-adhésion à l’État de droit et le fait que certaines lois ont affecté l’égalité des conditions, l’équilibre et la transparence des élections ».

Elle avait aussi évoqué la non-validation « arbitraire » de certaines candidatures.

Le président Maduro a accusé dimanche les membres de la mission d’être des « ennemis » et des « espions » venus « salir le processus électoral impeccable », fustigeant le « rapport plein d’improvisations et mal rédigé ».