(Caracas) La mission d’observation du scrutin de l’Union européenne a souligné mardi qu’il y avait eu plusieurs irrégularités pendant les élections régionales de dimanche au Venezuela qui ont vu une victoire écrasante du parti du président Nicolas Maduro, lors de la présentation de son rapport préliminaire.

Agence France-Presse

« Notre mission a pu constater le manque d’indépendance judiciaire, la non-adhésion à l’État de droit et que certaines lois ont affecté l’égalité des conditions, l’équilibre et la transparence des élections », a affirmé la chef de mission, Isabel Santos, qui a aussi évoqué « l’utilisation des ressources de l’État » ou la non-validation « arbitraire » de certaines candidatures.

Autre critique : l’existence des « puntos rojos » (points rouges) près des bureaux de vote, des points de contrôle illégaux tenus par le parti du président Maduro dont les couleurs sont le rouge.  

Cadre électoral correct

La mission, la première depuis 15 ans au Venezuela, a aussi noté des améliorations des conditions du vote par rapport aux scrutins précédents et précisé que le « cadre électoral respecte la plupart des standards internationaux de base ».  

Dans ce pays ultra-violent, Mme Santos a regretté « l’assassinat d’un électeur » faisant la queue à un bureau de vote et des « agressions », sans en donner les auteurs. Les autorités ont promis des enquêtes.  

Le parti du président Maduro a remporté 20 des 23 postes de gouverneurs et la mairie de Caracas, selon les résultats provisoires annoncés par le Conseil national électoral (CNE).

Le scrutin était marqué par le retour de l’opposition après les boycottages des législatives de 2020 et la présidentielle de 2018. L’opposition, très divisée, n’a pas réussi à s’organiser pour concurrencer le parti du président Maduro, pourtant fragilisé par une crise économique sans pareille dans ce pays pétrolier, selon la plupart des observateurs. Le PIB par habitant a chuté au niveau de celui de Haïti.

Le pouvoir, qui cherche à faire lever une partie des sanctions économiques notamment des États-Unis qui ne reconnaissent pas le président Maduro, avait fait plusieurs concessions pour ce scrutin afin de donner des gages de bonne volonté et de démocratie à la communauté internationale. Il avait notamment accepté une réforme du CNE ou la présence de la mission européenne, mais aussi d’observateurs de la Fondation Carter ou de l’ONU.  

Pour l’opposition, cette première participation à une élection depuis 2017 doit servir de point de départ en vue de la présidentielle de 2024.