(Asuncion) Trois ressortissants allemands vivant au Paraguay ont été interpellés mardi et mercredi, dans l’enquête sur le meurtre fin octobre d’un musicien et archéologue allemand et de sa fille qui pourrait avoir pour mobile un vol de violons Stradivarius, selon des sources policière et judiciaire.

Agence France-Presse

« Les ressortissants allemands Volker Granass, 58 ans, Yves Steinmetz, 60 ans, et Jorg Darchinger, 51 ans, sont en détention provisoire en tant que suspects », a déclaré à l’AFP le chef des homicides de la police paraguayenne, le commissaire Hugo Grance.

La procureure saisie de l’affaire, Lorena Ledesma, a expliqué mercredi à des journalistes que le mobile pourrait être un vol de Stradivarius, des violons de qualité exceptionnelle datant de deux à trois siècles, dont chaque exemplaire peut valoir plusieurs millions de dollars. La victime, Bernard von Bredow était aussi un luthier réputé.

« On dirait une intrigue de film », a expliqué la procureure, exprimant sa surprise au tour pris par l’enquête. Elle a ajouté que « les auteurs des meurtres devaient être des gens qui connaissaient les victimes. On a trouvé de nombreux indices ».

Les corps de Bernard von Bredow, 62 ans, établi au Paraguay depuis quelques années, et de sa fille de 14 ans Loreena avaient été retrouvés fin octobre à leur domicile d’Aregua, près d’Asuncion, porteurs de traces d’extrême violence.

Le père avait un impact de balle dans la nuque et des traces de probables sévices, sans doute pour faire révéler l’emplacement d’un objet ou document, selon la police. La fille avait un impact de balle dans le ventre, vraisemblable cause d’une hémorragie fatale.

La procureure a dit ne pouvoir préciser combien Von Bredow possédait de violons, mais a estimé que le mobile du crime était « la recherche de certificats d’authenticité » qu’il aurait conservés à son domicile, et sans lesquels la revente des Stradivarius aurait été impossible.

Von Bredow était connu en Allemagne, notamment pour avoir découvert dans les années 70, en Bavière, une partie importante d’un mammouth, dont le squelette reconstitué a par la suite constitué le cœur d’un musée préhistorique local. Il était aussi considéré en Europe comme un luthier et restaurateur reconnu d’instruments anciens.

L’enquête en cours pourrait mener à davantage d’interpellations, selon la procureure.