(Quito) Des organisations indigènes, syndicales et étudiantes en Équateur ont appelé à manifester mardi à Quito contre la hausse des prix des carburants, a-t-on appris jeudi auprès de ces organisations.

Agence France-Presse

Il s’agira d’une « marche pacifique au nom du droit à la résistance », a déclaré à l’AFP le dirigeant syndical Mesias Tatamuez.

Le Front uni des travailleurs (FUT), qui regroupe les principales confédérations syndicales, la Confédération nationale des peuples indigènes (CONAIE) et le principal syndicat universitaire, entend exiger du président conservateur Guillermo Lasso le gel des prix des carburants.

Le chef de l’État a jusqu’à présent opposé une fin de non-recevoir à ces revendications. Mercredi, devant plusieurs milliers de ses partisans réunis dans le centre historique de Quito, il appelé à défendre la capitale face aux « putschistes » indigènes et syndicalistes à la tête de ce mouvement de protestation sociale.

« Si le gouvernement ne gèle pas les prix du carburant […] c’est un scandale. L’essence est trop chère », a protesté M. Tatamuez.

Depuis 2020, l’Équateur ajuste chaque mois le prix des carburants en fonction du prix du pétrole sur le marché international, ce qui a provoqué une hausse de 70 % du gallon américain de diesel (de 1 dollar à 1,70 dollar), le carburant le plus consommé localement.

M. Lasso, un ancien banquier qui défend la libre fluctuation des prix, a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de changer cette politique. Il a toutefois évoqué la possibilité de compenser cette hausse par des aides aux secteurs les plus touchés.

La Fédération des étudiants universitaires de l’Équateur (FEUE) participera à cette mobilisation pour dénoncer la « précarité » du marché du travail, conséquence, selon elle, des réformes promises par le gouvernement pour relancer l’économie.

Ces organisations défileront une semaine après la proclamation de l’état d’exception dans le pays pour lutter contre l’insécurité et le narcotrafic. Les autorités se sont engagées à garantir les libertés fondamentales, notamment celle de manifester dans les rues.

La CONAIE, fer de lance de la mobilisation indigène, a mené de violentes manifestations en 2019 contre la suppression totale des subventions aux carburants, qui avaient fait onze morts et contraint le président de l’époque, Lenin Moreno, à faire machine arrière.