(Managua) Daniel Ortega, le président du Nicaragua où les arrestations d’opposants se sont multipliées à l’approche de la présidentielle du 7 novembre, briguera un quatrième mandat consécutif, a assuré lundi un haut responsable de son parti.

Agence France-Presse

Daniel Ortega, 75 ans, sera le candidat du Front sandiniste de libération national (FSLN, gauche), a indiqué le député et président du Parlement, Gustavo Porras, à la chaîne de télévision publique.  

Victoire assurée, dit le parti

Pour « le Front sandiniste avec Daniel à sa tête, notre candidat pour le 7 novembre, notre camarade (….) la victoire du 7 novembre est indiscutable », a lancé M. Porras à l’occasion du 42e anniversaire de la victoire de la Révolution sandiniste dans le pays d’Amérique centrale.

Le 19 juillet 1979, la victoire de la guérilla de gauche du FSLN avait conduit au départ du dictateur Anastasio Somoza.

Le dépôt officiel des candidatures aura lieu du 28 juillet au 2 août. Le président nicaraguayen ne s’est pas encore publiquement prononcé.

Six candidats rivaux en détention

L’annonce de Gustavo Porras intervient alors que 26 opposants sont détenus ou placés en résidence surveillée, dont six candidats potentiels à la présidence.  

Parmi eux figure la plus sérieuse adversaire du chef de l’État, Cristiana Chamorro, 67 ans, fille de l’ancienne présidente Violeta Chamorro (1990-1996) qui avait battu Daniel Ortega dans les urnes.

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Cristiana Chamorro.

Le président nicaraguayen affirme que les opposants arrêtés ne sont ni des « candidats », ni des « politiques », mais des « criminels » qui cherchent à le renverser avec l’aide financière des États-Unis.  

D’abord à la tête de la Junte de gouvernement, issue de la Révolution de 1979, M. Ortega a été élu président en 1984. Il a été élu à nouveau en 2007 puis systématiquement réélu.

Vaste coup de filet contre l’opposition

Le vaste coup de filet contre l’opposition a suscité un tollé international. Daniel Ortega est accusé de vouloir s’assurer d’avoir le champ libre pour un quatrième mandat, malgré son impopularité.  

En 2018, le Nicaragua a été secoué par une contestation exigeant la démission du chef de l’État et de son épouse, accusés par leurs détracteurs d’avoir instauré une « dictature » marquée par la corruption et le népotisme.

Une violente répression a fait 328 morts, des centaines d’opposants ont été emprisonnés et plus de 100 000 Nicaraguayens se sont exilés.