(Pantelhó) Des autochtones de l’État du Chiapas, dans le sud du Mexique, viennent de se constituer en groupes d’autodéfense pour se protéger des gangs armés.

Agence France-Presse

Critiqués par le président Andres Manuel Lopez Obrador, qui y voir une façade camouflant les agissements de groupes criminels, les mouvements d’autodéfense se multiplient au Mexique depuis les années 1990, principalement dans l’État méridional du Guerrero et plus récemment dans l’État voisin de Michoacán. On en recense environ 50, selon un décompte officiel.

Regroupés sous le vocable évocateur « El Machete », « la machette », des autochtones Tzotzil et Tzeltzal se sont rassemblés, le visage encagoulé, dans le stade de football de la petite communauté de San José Tercero, dans la municipalité de Pantelhó.

Dans une mise en scène en forme d’avertissement à ces organisations criminelles liées aux cartels de la drogue, ils ont défilé dimanche en montrant l’arsenal dont ils disposent.

Devant des villageois agglutinés dans les tribunes, ces miliciens, pour la plupart des hommes, ont brandi des machettes et des fusils d’assaut automatiques.

L’un des porte-parole de ces groupes d’autodéfense « du peuple » a justifié la décision de s’armer pour « faire face à l’injustice, défendre leur vie contre les trafiquants de drogue », tout en accusant les autorités locales de collusion avec ces criminels.

Ces milices exigent qu’un audit soit lancé par les autorités sur la gestion des ressources publiques. Elles ont menacé d’empêcher l’entrée en fonction prévue le 1er octobre du maire élu qui va succéder à sa femme.

Le 7 juillet, « El Machete » a violemment fait irruption dans la ville de Pantelhó, affrontant armes au poing un groupe rival, ce qui eu pour effet la fuite de milliers de personnes vers les communautés rurales.

Le même jour, des dizaines de militaires et de policiers sont entrés dans la ville pour rétablir l’ordre, mais sont tombés dans une embuscade le lendemain, qui a fait six morts parmi les policiers et trois soldats blessés.

Depuis décembre 2006, date à laquelle le gouvernement de Felipe Calderon a lancé une offensive militaire antidrogue, 300 000 meurtres ont été perpétrés au Mexique.

Au cours de cette période, les principaux cartels se sont atomisés au point qu’environ 200 groupes opèrent désormais dans le pays, selon l’ONG Insight Crime.

En mai, 2963 assassinats ont été recensés au Mexique, et depuis janvier, on en dénombre 14 243, selon le gouvernement.