Il y a le Brésil, terrassé par une crise sanitaire et humanitaire sans précédent. Et il y a tout le reste de l’Amérique latine, où l’épidémie de COVID-19 se répand comme un feu de brousse, sur fond de clivages politiques, d’infrastructures médicales complètement dépassées et de vaccination famélique. Un exemple : le Pérou, qui affiche l’un des pires taux de mortalité de la planète.

Agnès Gruda
Agnès Gruda La Presse

« Les gens meurent parce qu’ils n’ont pas d’oxygène »

PHOTO ERNESTO BENAVIDES, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Une personne dort à côté de bouteilles d’oxygène vides en attendant de pouvoir les remplir à Villa El Salvador, en banlieue de Lima, le 11 avril dernier.

Ça fait des semaines que les unités de soins intensifs au Pérou affichent complet. Le pays de 33 millions d’habitants a eu beau construire des hôpitaux temporaires et transformer les salles d’urgence en sections réservées à la COVID-19, son système de santé est submergé par la deuxième vague de la pandémie. Et il craque sous la pression.

Dans un village près de Cuzco où il était de passage cette semaine, Jorge Martin, coordonnateur pour Médecins sans frontières (MSF) au Pérou, a rencontré des malades qui avaient besoin d’être hospitalisés, mais ne trouvaient aucun établissement prêt à les accueillir.

« Quand ils appelaient l’hôpital à Cuzco, ils se faisaient dire qu’il n’y avait aucune place », relate ce médecin de MSF.

Le variant P.1 (dit brésilien) du coronavirus fait des ravages dans cette région nichée dans la cordillère des Andes : il y compose 70 % des nouveaux cas de COVID-19. Parmi les malades, il y a dorénavant plus de jeunes, plus de femmes enceintes souffrant de symptômes graves de la COVID-19, observe Jorge Martin.

Beaucoup n’ont d’autre choix que de se soigner avec les moyens du bord, à la maison.

Et quand ils ont de la peine à respirer, leurs proches sont réduits à courir les villes à la recherche d’oxygène liquide.

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Des hommes s’apprêtent à faire la queue pour remplir des réservoirs d’oxygène vides à Villa El Salvador, en avril dernier.

« Dans certains quartiers, les gens attendent deux ou trois jours pour remplir leurs bonbonnes d’oxygène », dit Jorge Martin. Pendant ce temps, les malades suffoquent.

Le journal péruvien Ojo Publico raconte l’histoire d’une malade qui avait besoin de 15 litres d’oxygène par minute pour pouvoir respirer. Sa fille s’est résolue à acheter un concentrateur d’oxygène qu’elle a payé plus de 3000 $, puis à parcourir Lima à la recherche de bouteilles de recharge. Celles-ci n’étaient pas données : plus de 2500 $ pour une seule journée de février.

La dame a fini par mourir quelques jours après la publication de l’article. Laissant ses proches avec leur peine et leurs dettes.

Pénurie d’oxygène

Cette histoire n’est pas unique. Il y a quelques semaines, le gouvernement péruvien a annoncé qu’il lui manquait 110 tonnes d’oxygène par jour. Malgré les dons étrangers, le pays est loin, très loin de suffire à la demande. Et des malades meurent, faute d’oxygène.

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Des travailleurs de la santé se préparent à administrer le vaccin de Pfizer-BioNTech à une femme à son domicile de Lima, le 28 avril dernier.

Le Pérou affiche l’un des taux de mortalité lié à la pandémie les plus élevés du monde.

Officiellement, on y enregistre 300 morts par jour (ce qui équivaudrait à près de 80 morts quotidiennes au Québec.) Et 60 000 Péruviens seraient morts depuis le début de la pandémie.

Mais ces chiffres sont largement en deçà de la réalité, estiment les experts. Car beaucoup de victimes de la COVID-19 ne sont tout simplement pas enregistrées comme telles.

Quand on considère le tableau de la « surmortalité », qui comptabilise les morts excédentaires comparativement à la moyenne des années précédentes, le Pérou arrive… en première place mondiale. Et ce sont 164 000 Péruviens qui seraient morts de la COVID-19 depuis mars 2020.

« Le vrai chiffre, c’est 1000 morts par jour », dit Alberto Vargara, professeur de sciences sociales à l’Université Pacifico, à Lima.

« Les gens meurent parce qu’ils n’ont pas d’oxygène, c’est un cauchemar », affirme le professeur.

Comment le Pérou en est-il arrivé là ?

De la croissance à la débâcle

Il n’y a pas si longtemps, le Pérou était perçu comme un modèle économique en Amérique du Sud, affichant année après année des taux de croissance enviables.

PHOTO ERNESTO BENAVIDES, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Des travailleurs de la santé s’entretenant en février dernier avec un habitant du district d’Ate, en banlieue de Lima, lors d’un porte à porte pour réaliser des tests de dépistage de la COVID-19.

Mais l’État péruvien n’a pas profité de cette période faste pour investir dans le système de santé, qui souffre de sous-financement chronique. Avec la pandémie, le système s’est effondré. Il manque non seulement d’oxygène, mais aussi de professionnels : plus de 400 médecins sont morts de la COVID-19.

Et puis, la société péruvienne répond mal aux directives de confinement, et pour cause, explique Alberto Vargara.

Soixante-dix pour cent des Péruviens travaillent dans l’économie informelle, ils ne peuvent pas rester chez eux pendant trois mois, ils doivent sortir pour gagner l’argent qu’ils dépenseront le jour même.

Alberto Vargara, professeur de sciences sociales à l’Université Pacifico, à Lima

Même s’il avait voulu aider financièrement les Péruviens pendant le confinement, le gouvernement n’aurait pas su comment s’y prendre. « L’État ne sait pas comment rejoindre les gens, alors que seulement 40 % des Péruviens ont un compte en banque », détaille Alberto Vargara.

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Des personnes qui ont dû quitter leur logement en raison des restrictions économiques liées à la COVID-19 regardent la police démolir leurs campements formés sur une colline du quartier de Villa El Salvador, en banlieue de Lima, le 28 avril dernier.

Autre problème : à peine quatre Péruviens sur dix disposent d’un réfrigérateur. « On ne peut pas dire aux gens de faire leurs provisions pour deux semaines. »

Le déclin économique péruvien s’est amorcé il y a quelques années. « La pandémie a accéléré la dégringolade », note M. Vargara.

De 2004 à 2019, le taux de pauvreté au Pérou était passé de 58 % à 20 %.

La pandémie vient de replonger au moins 2 millions de Péruviens dans l’indigence.

Crise politique

À peine 2 % des Péruviens ont reçu une dose de vaccin anti-COVID-19 : ici aussi, c’est un des pires résultats en Amérique latine.

Il faut dire qu’au moment où il aurait fallu négocier avec les firmes pharmaceutiques, le Pérou était plongé en plein psychodrame politique. L’ancien président, Martín Vizcarra, a été destitué en novembre 2020, sous des accusations de corruption.

PHOTO ERNESTO BENAVIDES, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

L’ancien président du Pérou Martín Vizcarra quitte le Congrès après avoir comparu à une commission pour répondre aux allégations de corruption, à Lima, en décembre dernier.

Puis, coup de tonnerre : en février, on a appris que le président déchu et plusieurs membres encore actifs du gouvernement, dont la ministre de la Santé, avaient réussi à se faire vacciner à l’automne 2020 dans le cadre d’un essai clinique. Pendant que la vaste majorité de la population poireautait en attendant qu’une campagne d’immunisation se mette en place.

Au moment où le « variant brésilien » se répandait au Pérou, les ministres éclaboussés par ce scandale démissionnaient en cascade.

Ce climat d’instabilité a accentué la crise et ralenti la vaccination, dit Alberto Vargara.

En fait, ce n’est pas une, mais cinq crises simultanées qui frappent ce pays des Andes.

« Le Pérou vit une crise sanitaire, une crise sociale, une crise économique, une crise politique et une crise migratoire en même temps », résume Jorge Martin, coordonnateur de MSF au Pérou.

Au cours des dernières années, le pays a en effet accueilli 1 million de réfugiés vénézuéliens. Qui ont, eux aussi, besoin de soins médicaux.

Les Péruviens sont épuisés, ils ont peur de tomber malades, ils se tournent vers la médecine privée et engagent des dépenses pharaoniques, témoigne Jorge Martin.

Comme ailleurs en Amérique latine, la multiplication des cas s’est stabilisée au cours des dernières semaines.

Mais le Pérou est loin d’être sorti de la crise sanitaire.

Et selon Jorge Martin, ce dont les Péruviens ont peur par-dessus tout, c’est de voir débouler… une troisième vague de COVID-19.

La COVID-19 au Pérou

Population : 33 millions

Morts officielles dues à la COVID-19 : 300 par jour, sans tenir compte de la surmortalité

Total de morts depuis le début de la pandémie : 60 000 (164 000 en tenant compte de la surmortalité)

1,8 million de contaminations

430 médecins morts de la COVID-19

Pénurie d’oxygène liquide : il manque 100 tonnes d’oxygène par jour

Vaccination : 2 % de la population péruvienne a reçu les 2 doses de vaccin

Des ravages disproportionnés

L’Amérique latine représente 8 % de la population mondiale, mais 22 % des morts dues à la pandémie. Voici comment ces ravages se manifestent dans quelques pays frappés de plein fouet par la pandémie.

Brésil : la catastrophe

PHOTO ANDRE PENNER, ASSOCIATED PRESS

Personnes attendant de recevoir une dose de vaccin contre la COVID-19 à São Paulo, au Brésil, jeudi. À peine 14 % des Brésiliens ont reçu une première dose.

Avec ses 208 millions d’habitants, le Brésil abrite moins de 3 % de la population mondiale. La pandémie y a fait des ravages disproportionnés : 10 % des infections et 12 % des morts dues à la COVID dans le monde ont été recensées sur le territoire brésilien.

À la mi-avril, Médecins sans frontières (MSF) tirait la sonnette d’alarme : le Brésil était plongé en pleine catastrophe humanitaire. Le responsable : un gouvernement incompétent qui n’a pas su réagir face au virus.

Trois semaines plus tard, la flambée des cas s’est atténuée. De 4000 morts quotidiennes (soit l’équivalent de 300 morts par jour pour une population comme celle du Québec), on est redescendu légèrement au-dessus de 2000.

Mais cette embellie est tout aussi relative que trompeuse, affirme l’infectiologue Antonio Flores, conseiller en matière de COVID-19 au Brésil pour MSF.

« Le nombre de cas a fléchi, mais il reste supérieur au pic de la première vague », souligne le DFlores, joint à Porto Alegre, au Brésil. Or, constate-t-il, les autorités brésiliennes ont déjà entrepris de lever les restrictions sanitaires imposées au pire moment de la deuxième vague. Des États ont commencé à ouvrir les écoles, les commerces. Pourtant, le Brésil, où les mesures sanitaires sont décidées État par État, est « loin de maîtriser l’épidémie », souligne Antonio Flores.

Il y a trois semaines, 21 des 27 États brésiliens affichaient des unités de soins intensifs occupées à 80 %. Depuis, la situation s’est améliorée. Mais 14 États sont toujours aux prises avec un taux d’occupation considéré comme critique.

Le clivage politique freine la réponse à l’épidémie. Les négociations pour l’obtention d’un vaccin ont été entreprises trop tard, si bien qu’à peine 14 % des Brésiliens ont reçu une première dose. Pourtant, le Brésil est capable de mener des campagnes de vaccination de masse : face à la grippe H1N1, il a suffi de trois mois pour vacciner 90 millions de personnes.

Le faible taux de vaccination ne permet pas de faire front contre le fameux « variant brésilien », qui se répand comme un feu de brousse et représente 80 % des nouvelles infections. Tout en se frayant un chemin vers les pays voisins.

Si le Brésil ne change pas de cap, il fonce tout droit sur un mur, prédit Antonio Flores, qui s’attend à une nouvelle flambée des cas.

« La question n’est pas de savoir si cette explosion aura lieu, mais quand. »

Colombie : pandémie et révolte

PHOTO LUIS ROBAYO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Manifestation dans les rues de Cali, en Colombie, 
le 1er mai dernier, contre une réforme fiscale que le gouvernement de droite du président Iván Duque vient tout juste de retirer.

« J’ai essayé de garder mon optimisme pendant la pandémie, de ne pas imaginer le pire scénario », confiait l’économiste colombien Alejandro Gaviria dans une réflexion publiée début avril. Mais l’apparition du variant brésilien sur le sol colombien a eu raison de la confiance de cet ancien ministre de la Santé.

« La situation va se dégrader en Colombie, prévoyait-il, parce que la vitesse de la contagion est supérieure à celle de la vaccination. »

J’aimerais croire que le pire est derrière nous, mais ce n’est pas le cas.

L’économiste colombien Alejandro Gaviria, dans une réflexion publiée début avril

Et avec raison. Dès le 19 avril, la Colombie enregistrait son record de morts quotidiennes, soit 420 décès.

Avec ses 50 millions d’habitants, la Colombie est l’un des pays les plus touchés par la COVID-19 en Amérique latine. La troisième vague qui déferle sur le pays menace de submerger un secteur de la santé déjà fragile. Or, la vaccination avance à pas de tortue : un peu moins de 7 % des Colombiens ont reçu une première dose de vaccin anti-COVID-19.

Cette vague déferle sur fond de protestations sociales contre une réforme fiscale que le gouvernement de droite du président Iván Duque vient tout juste de retirer, sous la pression.

La crise sanitaire a des contrecoups économiques : des milliers de Colombiens ont replongé dans la pauvreté. On voit aujourd’hui dans les quartiers populaires de Bogotá des gens accrocher un chiffon rouge à leur fenêtre, signe indiquant qu’ils ont faim.

Argentine : ratage vaccinal

PHOTO NATACHA PISARENKO, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Une femme reçoit une dose du vaccin d’AstraZeneca dans un centre de vaccination de la province de Buenos Aires, en Argentine, le 23 avril dernier.

Contrairement au Brésil, l’Argentine a réagi à la première vague de COVID-19 en décrétant un confinement strict.

Mais ces mesures ont été relâchées à la faveur de l’été austral, en décembre et janvier. Des groupes d’écoliers se sont envolés vers Cancún pour les vacances, les restaurants ont rouvert leurs terrasses… et les infections sont reparties à la hausse, avec le variant brésilien comme accélérateur.

Ce qui complique la réponse à la pandémie en Argentine, ce sont les clivages politiques qui nuisent à l’organisation de la réponse sanitaire, observe le sociologue Victor Armony, qui dirige le Laboratoire interdisciplinaire d’études latino-américaines de l’UQAM. Ainsi, la ville de Buenos Aires, associée à l’opposition, a refusé de mettre en place les mesures de confinement que vient de décréter le gouvernement central.

Résultat : les écoles sont fermées partout, sauf dans la capitale. Et des barrages policiers bloquent le trafic entre Buenos Aires et ses banlieues. Ce clivage politique est exacerbé par des élections législatives prévues pour l’automne.

L’Argentine traîne aussi la patte en matière de vaccination. Une négociation avec la société Pfizer pour 13 millions de doses de vaccin a tourné court l’hiver dernier, retardant le début de la campagne d’immunisation. Et à peine 16 % de la population a reçu une première dose de vaccin.

« La crise sanitaire est mal gérée en Argentine parce qu’elle est trop politisée », tranche Graciela Ducatenzeiler, politologue à l’Université de Montréal.

Chili : le paradoxe

PHOTO MARTIN BERNETTI, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Des travailleurs de la santé ont manifesté le 15 avril dernier contre le manque de ressources dans le système de santé, dans la foulée d’une augmentation des cas de COVID-19, à Talagante, au Chili.

Plus de quatre Chiliens sur dix ont déjà reçu une première dose de vaccin anti-COVID-19 et 36 % en ont reçu deux, ce qui place le Chili dans le peloton de tête des pays les plus avancés en matière d’immunisation, après Israël et les Émirats arabes unis.

Pourtant, la COVID-19 a recommencé à y faire des ravages dès la fin de mars. Le nombre de cas a explosé, comme ailleurs en Amérique latine.

« L’épidémie n’est pas maîtrisée, et le virus se répand plus rapidement que lors du pic de juin 2020 », s’est récemment alarmé l’épidémiologiste chilien Gabriel Cavada.

Comment expliquer cet apparent paradoxe ? Il faut savoir que le Chili a massivement opté pour le vaccin chinois Sinovac. Or, ce vaccin a une efficacité famélique de 3 % après l’injection de la première dose, et de 56 % après la deuxième. Avec la présence probable du variant brésilien, ce taux de vaccination ne permet pas de faire barrage à la contagion.

Résultat : les unités de soins intensifs sont occupées à 95 % dans le pays, qui a dû adopter de nouvelles mesures de confinement.

Une lumière à l’horizon : le gouvernement chilien prévoit avoir vacciné 80 % de la population d’ici le 30 juin prochain.

L’Uruguay : terrassé par le variant brésilien

PHOTO MATILDE CAMPODONICO, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Test de dépistage de la COVID-19 à Montevideo, en Uruguay, en avril dernier

C’est le cas classique de l’élève modèle devenu cancre. Ce petit pays de 3,5 millions d’habitants, enclavé entre le Brésil et l’Argentine, était sorti presque indemne de la première vague de l’épidémie de COVID-19. Mais il vient d’être terrassé par la nouvelle vague qui déferle en Amérique du Sud.

Il a atteint le pic du nombre de cas le 10 avril, puis la courbe de la contagion a cessé de monter. Mais la situation y est encore extrêmement fragile et l’Uruguay enregistre toujours l’un des pires taux de contagion de la planète.

Forcément, son réseau hospitalier écope.

« Nous vivons actuellement une situation de stress sanitaire jamais connue auparavant. Nous avons pu passer de moins de 600 lits en unité de soins intensifs dans le pays, avant la pandémie, à 1000 aujourd’hui. Et le personnel soignant travaille à la limite de ses capacités », rapporte Julio Pontet Ubal, président de la Société uruguayenne de soins intensifs, dans Le Monde.

Il faut savoir que l’Uruguay partage 1000 kilomètres d’une frontière plutôt poreuse avec le Brésil et que le variant brésilien y représente aujourd’hui près de 90 % des nouveaux cas de COVID-19.