(Caracas) Le chef de l’opposition vénézuélienne Juan Guaidó a accusé vendredi le gouvernement de mentir sur la pénurie de vaccins dans le pays et affirmé qu’elle n’avait « rien à voir avec les sanctions » économiques qui touchent le pays.

Agence France-Presse

« Je ne me fatiguerai pas de le répéter […] devant le mensonge officiel sur l’externalisation des responsabilités : (le président) Nicolas Maduro est l’unique responsable » de la pénurie de vaccins au Venezuela, a déclaré M. Guaidó, reconnu comme président intérimaire par une partie de la communauté internationale dont les États-Unis.

« Le 29 décembre, ils (le pouvoir) ont dit avoir acheté 10 millions de vaccins Spoutnik. Maintenant, ils disent que les fonds (vénézuéliens à l’étranger) sont bloqués […] Ils se contredisent eux-mêmes », a lancé M. Guaidó lors d’une conférence de presse à Caracas.

Dans une interview à l’AFP, le ministre des Affaires étrangères Jorge Arreaza a affirmé mercredi que « si les fonds vénézuéliens (à l’étranger) n’étaient pas bloqués », les autorités auraient « acheté il y a trois mois les 30 millions de vaccins dont le pays a besoin », en précisant que le contrat avec la Russie se payait par tranches.  

La pénurie de vaccins « n’a rien avoir avec les sanctions », a estimé l’opposant.

M. Guaidó, à qui Washington a confié la gestion des fonds vénézuéliens aux États-Unis, a assuré avoir « fait les démarches nécessaires pour l’accès au système Covax » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mi-mars, il a annoncé avoir débloqué 30 millions de dollars de fonds gelés à l’étranger dans le cadre des sanctions pour l’achat de vaccins via ce mécanisme.  

Virulente 2e vague

Le pays a lancé sa campagne de vaccination avec les vaccins russe Spoutnik V et chinois Sinopharm. À ce jour, le pays a reçu moins d’un million de doses.  

Le Venezuela, 30 millions d’habitants, fait face à une virulente deuxième vague de la pandémie. Le pays a enregistré 170 000 cas dont plus de 20 000 en mars, pour un peu moins de 1700 décès depuis le début de la pandémie, selon les chiffres officiels.  

M. Guaidó, dont c’était la première apparition publique après sa guérison de la COVID-19, a souligné que le pays connaissait « le pic le plus douloureux de l’épidémie sans parler du fait que les chiffres de la dictature sont complètement faux ».

Il a aussi dépeint « l’effondrement du système de santé » : « Il n’y pas que la COVID-19 : être un patient en oncologie, avoir des difficultés rénales, une maladie chronique, malheureusement aujourd’hui c’est une condamnation à mort ».