(Lima) Les files d’attente pour acheter des bouteilles d’oxygène médical ont refait leur apparition au Pérou qui fait face à une deuxième vague de contaminations et de décès dus à la COVID-19.  

Agence France-Presse

« La demande explose et la vente d’oxygène a tellement augmenté que l’usine a dû fermer, car elle ne peut plus faire face (pour servir le public) », a déclaré à l’AFP Gabriel Cardenas, copropriétaire de PGO, une entreprise qui vend de l’oxygène à Lima.

« En seulement deux jours, la demande a quintuplé », a indiqué l’industriel.  

La forte demande a fait grimper les prix en flèche avec des hausses de 300 % du prix de l’oxygène dans certaines usines, à 14 dollars le mètre cube.  

« En profiter pour faire monter les prix est réellement criminel », a réagi la ministre de la Santé, Pilar Mazzetti.  

Pour faire face à la spéculation, le gouvernement a d’ailleurs inauguré une usine de production d’oxygène médical à Lima.  

Les autorités espèrent ainsi éviter les pénuries dans les hôpitaux qui, selon de nombreuses familles, avaient entraîné de nombreux décès en juin au plus fort de la première vague de l’épidémie. L’oxygène avait été alors décrété « ressource stratégique ».  

Selon les autorités sanitaires, environ 40 % des 10 millions d’habitants de la capitale péruvienne ont été contaminés par le nouveau coronavirus depuis la détection d’un premier cas en mars.  

La deuxième vague a commencé à enfler début janvier dans le pays sud-américain où deux cas du nouveau variant britannique ont été identifiés.  

Le nombre de morts hebdomadaires est passé en un mois d’une cinquantaine à une centaine la semaine dernière, et les contaminations quotidiennes ont quintuplé, passant de 1000 à 5000.  

Mercredi, selon les derniers chiffres officiels, 113 personnes sont mortes et 5400 ont été contaminées.  

Depuis le début de l’épidémie, le pays de 33 millions d’habitants a enregistré plus d’un million de cas déclarés de COVID-19, dont près de 40 000 mortels.