(Brasilia) L’ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a accusé lundi le président d’extrême droite Jair Bolsonaro d’avoir fait de la pandémie de coronavirus « une arme de destruction massive » au Brésil qui « traverse l’une des pires périodes de son histoire ».

Agence France-Presse

« Il aurait été possible, oui, d’éviter tant de morts », a déclaré l’ex-président de gauche (2003-2010) dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Brésil est le troisième pays au monde le plus touché par la pandémie, derrière les États-Unis et l’Inde, avec 4,1 millions de cas confirmés et près de 130 000 morts.

« Nous sommes livrés à un gouvernement pour lequel la vie n’a pas de valeur et qui banalise la mort. Un gouvernement insensible, irresponsable et incompétent qui n’a pas respecté les préconisations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et fait du coronavirus une arme de destruction massive », a fustigé Lula.

Le président Bolsonaro n’a cessé de minimiser la pandémie, la qualifiant de « petite grippe » et appelant à la reprise des activités économiques plutôt qu’au respect des mesures de confinement selon lui « pire que la maladie ».

Il appelle à un « retour à la normale » et continue à serrer les mains de ses supporters sans porter de masque, comme ce lundi lors d’une cérémonie anniversaire de l’indépendance du Brésil.

Lula a ensuite reproché au gouvernement d’avoir nommé « des militaires sans expérience médicale ou sanitaire » à la tête du ministère de la Santé, dévolu au général Eduardo Pazuello après la démission de deux ministres au plus fort de la pandémie.

« Les élections de 2018 ont plongé le Brésil dans un cauchemar qui semble ne pas avoir de fin. Le pays traverse l’une des pires périodes de son histoire », a estimé Lula.

« Comme dans les films d’horreur, les oligarchies brésiliennes ont donné naissance à un monstre qu’elles ne peuvent désormais plus contrôler, mais qu’elles continueront à soutenir tant que leurs intérêts seront servis », a-t-il dit.

Lula, 74 ans, qui bénéficie du soutien d’une partie de la population, attend le résultat d’une procédure d’appel contre sa peine de neuf ans de prison pour corruption, qu’il a partiellement purgée entre avril 2018 et novembre 2019.