(Caracas) Dix détenus ont été tués par les forces de sécurité après des évasions depuis une prison du Venezuela, où la suspension des parloirs en raison de l’épidémie de la COVID-19 a suscité la colère.

Agence France-Presse

Sur 518 détenus, 84 ont réussi à s’enfuir de la prison de San Carlos dans l’État de Zulia (nord-ouest), à la frontière avec la Colombie, a indiqué un responsable local Blagdimir Labrador.

« Jusqu’à présent, 10 détenus ont été tués et six ont été capturés […] Les 68 détenus toujours en cavale sont activement recherchés », a déclaré le responsable sur Twitter.

Deux policiers ont été arrêtés pour « complicité », selon M. Labrador.

Auparavant, un autre responsable local, Omar Prieto, avait fait état d’un bilan de six détenus abattus par les forces de l’ordre. Il avait déclaré à la presse que certains prisonniers étaient « armés ».

Les prisonniers ont fui le centre de détention préventive de San Carlos à l’aube, a indiqué à l’AFP l’avocat Carlos Nieto Palma, de l’ONG Una Ventana por la Libertad (Une fenêtre vers la liberté) qui défend les droits des détenus.  

Les parloirs ont été « suspendus » dans tout le pays, où le confinement de la population a été décrété mardi. Or, en l’absence de cantine, de nombreux prisonniers sont nourris par leurs familles qui leur apportent des vivres lors de ces visites.

Les prisons vénézuéliennes sont vétustes et surpeuplées. S’y concentrent des problèmes de violence, de malnutrition et de propagation de maladies contagieuses. Dans les centres de détention préventive, la surpopulation peut atteindre 500 %, selon Una Ventana por la Libertad.

Le pays sud-américain, qui traverse une profonde crise politique et économique, a enregistré pour l’heure 36 cas déclarés de coronavirus, mais aucun décès.