(Caracas) La police vénézuélienne a tiré mardi du gaz lacrymogène pour disperser une manifestation de l’opposition contre le président socialiste Nicolas Maduro à laquelle avait appelé le chef de l'opposition Juan Guaidó à Caracas.

Agence France-Presse

Plusieurs milliers de personnes manifestaient à l’appel de Juan Guaidó qui tente de redynamiser le mouvement de protestation contre le président Maduro qui s’est essoufflé ces derniers mois.

Le cortège venait de s’ébranler pour tenter de rejoindre l’Assemblée nationale, dans le centre de la capitale, lorsque des policiers lui ont bloqué le passage. Juan Guaidó a alors tenté de dialoguer avec eux, moment où les agents ont tiré du gaz lacrymogène.

« Aujourd’hui, nous nous réunissons à nouveau dans la rue, l’espace où nous, les citoyens, sommes libres », avait écrit Juan Guaidó sur Twitter.

« La situation (du Venezuela, NDLR) est catastrophique », a déclaré à l’AFP Ofelia Rivera, 58 ans, une éducatrice à la retraite participant à la manifestation.

Le Venezuela traverse la pire crise de son histoire récente, avec, entre autres maux, des pénuries de médicaments et une hyperinflation qui a atteint 9585,5 % en 2019, selon la Banque centrale.

PHOTO MATIAS DELACROIX, AP

Le cortège venait de s’ébranler pour tenter de rejoindre l’Assemblée nationale, dans le centre de la capitale, lorsque des policiers lui ont bloqué le passage.

Au même moment, le pouvoir chaviste appelait à une « contre-manifestation » dans le centre de Caracas pour la « souveraineté » du Venezuela.

Juan Guaidó, qui est reconnu comme président par intérim du Venezuela par près de soixante pays, a appelé les manifestants à défiler jusqu’à l’Assemblée nationale.  

Avec cette nouvelle mobilisation, l’opposant de 36 ans compte relancer le mouvement de protestation contre Nicolas Maduro qu’il qualifie de « dictateur » en raison de la présidentielle « frauduleuse » de 2018 qui lui a permis de se maintenir au pouvoir.  

Ces derniers mois, ses appels à défiler ont rencontré un écho bien moindre que début 2019, lorsque des dizaines de milliers de Vénézuéliens se mobilisaient chaque semaine.

Pour cette nouvelle manifestation, Juan Guaidó a demandé aux organisations syndicales et professionnelles de porter leurs revendications afin qu’elles soient débattues par les élus.

Le Parlement unicaméral est l’unique organe aux mains de l’opposition au président Maduro, mais ses décisions sont systématiquement annulées par la Cour suprême.

Juan Guaidó a été réélu à la tête du Parlement en janvier avec les seules voix de l’opposition, mais le pouvoir chaviste n’a pas reconnu cette élection.

Il s’agit de la première manifestation d’envergure de l’opposition depuis le retour mi-février de Juan Guaidó d’une tournée internationale au cours de laquelle les présidents américain, Donald Trump, et français, Emmanuel Macron, entre autres chefs d’État et de gouvernement, lui ont réitéré leur soutien.

De son côté, Nicolas Maduro a toujours l’appui de la Russie, de Cuba et de la Chine et de l’état-major de l’armée, clef de voûte du système politique vénézuélien.