Le gouvernement vénézuélien et le président Nicolas Maduro ont affirmé samedi que le gel des avoirs vénézuéliens aux États-Unis servait à financer le recrutement de mercenaires étrangers, chargés de conduire des « actions terroristes » dans leur pays en lien avec l'opposition.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Lors d'une allocution télévisée, le ministre de l'Information Jorge Rodríguez a affirmé détenir des « informations des services de renseignement » prouvant que des « tueurs » (sicaires) recrutés au Salvador, au Guatemala et au Honduras « grâce à d'énormes sommes d'argent » ont été envoyés en Colombie voisine pour conduire des « assassinats sélectifs » et des « sabotages » des services publics.

Ces accusations ont été reprises peu après par le président Nicolas Maduro, s'exprimant devant un rassemblement de plusieurs milliers de personnes organisé à Caracas, deux mois jour pour jour après que son opposant Juan Guaidó s'est proclamé président par intérim, le 23 janvier.  

Les deux dirigeants ont accusé le bras droit de M. Guaidó, le député Roberto Marrero, arrêté jeudi par les services de renseignement, de recevoir l'argent des États-Unis, « à pleines mains », selon le chef de l'État.

Selon le gouvernement, les États-Unis ont bloqué environ 30 milliards de dollars lui revenant.

« Guaidó vole l'argent et Marrero sert d'intermédiaire financier "a assuré de son côté M. Rodriguez.

Le ministre a exhibé à la télévision des documents présentés comme des captures de conversation sur le réseau whatsApp entre MM. Marrero et Guaidó dans lesquels ceux-ci organisent le transfert de fonds censés financer des groupes armés avec l'appui du président colombien Iván Duque.

 « Les conversations entre Guaidó et Marrero prouvent qu'un milliard (de dollars) ont été alloués au paiement de criminels », a martelé Jorge Rodriguez.

Juan Guaidó, président du Parlement dominé par l'opposition, appuie les sanctions américaines contre le régime de M. Maduro et appelle la communauté internationale à les renforcer.

Washington a suspendu les visas de plus de 300 proches du régime et gelé les avoirs vénézuéliens du pétrole aux États-Unis. À partir du 28 avril, les exportations de brut seront également frappées d'embargo.

Les États-Unis et l'Union européenne ont exigé la libération immédiate de Roberto Marrero, accusé par le ministre de la Justice de diriger des « cellules terroristes » et de détenir « des armes et des devises » .

Lors de son arrestation, le « chef de cabinet » de M. Guaidó avait affirmé que « deux fusils et une grenade » avaient été « déposés » intentionnellement chez lui par les services de renseignement.