Le président du Parlement Juan Guaido, qui s'est proclamé président du Venezuela par intérim avec le soutien des États-Unis, a déclaré lundi qu'il s'était entretenu au téléphone avec le président américain Donald Trump.

Mis à jour le 29 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Oui, nous avons discuté avec le président (Trump), de même qu'avec d'autres présidents de la région et du monde », a dit M. Guaido, 35 ans, au cours d'une interview accordée à la chaîne de télévision CNN en Español.

M. Trump a été le premier chef d'État à reconnaître M. Guaido. Cet opposant, chef du Parlement, seule institution vénézuélienne tenue par les adversaires du président socialiste Nicolas Maduro, s'est proclamé mercredi dernier président intérimaire du Venezuela en affirmant que la Constitution l'autorisait à le faire.

L'opposition estime en effet qu'il existait un vide du pouvoir dans la mesure où elle considère comme illégitime le second mandat pour lequel M. Maduro a été investi le 10 janvier.

« J'ai eu des conversations non seulement avec l'exécutif américain », mais aussi, notamment, avec les présidents Ivan Duque (Colombie), Sebastian Piñera (Chili), Mauricio Macri (Argentine) et avec le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, a déclaré M. Guaido.

Après Washington, plusieurs pays d'Amérique latine ont soutenu l'autoproclamation de M. Guaido, considérant que l'élection présidentielle dont Nicolas Maduro avait été déclaré vainqueur était entachée de fraude et n'était donc pas valable.

Pour sa part, M. Maduro a dénoncé l'autoproclamation de M. Guaido comme « un coup d'État » dirigé par les États-Unis.

Dans son interview, Juan Guaido a déclaré ne pas avoir d'informations concernant les mots « 5000 soldats en Colombie » que John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a écrit sur un bloc-notes que les journalistes ont pu voir lors d'un point de presse à la Maison-Blanche.

« Je n'ai pas d'informations » à ce sujet, a dit M. Guaido. « Mais nous sommes clairement dans une situation bien complexe au Venezuela », a-t-il dit.

La volonté de l'opposition, a ajouté Juan Guaido, est de « sortir rapidement » de la crise « avec des instruments vénézuéliens », et elle a déjà fait « de grands efforts en votant, en manifestant, en construisant des majorités ».

M. Guaido a souligné la nécessité pour l'opposition qu'il dirige d'obtenir « la reconnaissance par tous les pays du monde du sacrifice du peuple vénézuélien, de sa volonté d'aller de l'avant et en définitive du sauvetage de la démocratie ».

Outre les États-Unis, Juan Guaido est soutenu notamment par le Canada, une partie des pays d'Amérique latine et l'Union européenne.

En revanche, la Russie, la Chine, la Turquie et l'Iran soutiennent Nicolas Maduro.