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À Ciudad Juárez, l'impact du «mur» de Trump se fait déjà sentir

Une vue du mur entre Sunland Park et... (Photo HERIKA MARTINEZ, AFP)

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Une vue du mur entre Sunland Park et Ciudad Juárez.

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HÉRIKA MARTÍNEZ PRADO
Agence France-Presse
Ciudad Juárez

Il y a encore deux ans, Victor pouvait voir le territoire américain depuis sa cour au Mexique. Aujourd'hui, des barres d'acier de près de six mètres de haut, érigées entre Ciudad Juárez et le Nouveau-Mexique américain, obstruent son horizon.

Pour ce garçon de 10 ans vivant dans cette zone désertique et pauvre de Anapra, près de Ciudad Juárez, la structure métallique qui sépare les deux pays est devenue un terrain de jeu.

« Les "migras" (agents de l'immigration américains) sont mes amis, parfois ils me donnent de l'argent, ils me donnent un dollar », dit-il, en se laissant glisser le long des barres métalliques après les avoir escaladées.  

Le président américain Donald Trump s'est engagé à faire de cette barrière métallique le moyen de défense principal contre l'immigration clandestine en l'étendant le long des quelque 3000 km de frontière séparant les États-Unis et le Mexique.  

Donald Trump a répété mardi qu'il considérait la question migratoire comme une « crise de sécurité nationale », alors qu'il tentait de convaincre l'opinion publique de la nécessité d'obtenir 5,7 milliards de dollars pour la construction de ce mur.

Dans le secteur de Ciudad Juárez, les pressions de l'administration Trump pour renforcer la sécurité à la frontière sont déjà ressenties par les habitants.

Fin novembre, des garde-frontières ont lancé des fumigènes à quelques mètres de la maison de Victor, lors d'un exercice réalisé en pleine crise migratoire, tandis que des milliers de migrants centraméricains arrivaient à la frontière dans diverses caravanes. « Au début, j'ai eu peur quand ça a explosé, après il y avait de la fumée colorée, c'était impressionnant », se souvient Victor.

Peur d'une fermeture de la frontière

Pour les habitants de Ciudad Juárez, qui vivent et travaillent en permanence des deux côtés de la frontière, la plus grande crainte est que l'arrivée massive des migrants provoque une réponse agressive de la part du président américain qui pourrait décider la fermeture totale des ponts qui relient les deux pays.  

Des centaines de milliers de locaux les traversent chaque jour pour aller travailler, étudier, faire des achats ou rendre visite à des membres de leur famille.

Ces dernières semaines, les habitants de Juárez et leurs voisins d'El Paso, au Texas, ont créé des groupes sur les réseaux sociaux dans lesquels ils partagent des informations sur les temps d'attente pour franchir la frontière ou les mesures de sécurité en place sur les lieux.  

« C'est bien qu'ils cherchent une vie meilleure (mais) qu'ils le fassent de manière ordonnée afin que le pont reste tranquille et qu'ils ne le ferment pas », exhorte Francisco Vazquez, un résident de Juárez, qui observe une trentaine de migrants de différentes nationalités en train de franchir le pont.

Edwin Zuleta, qui a quitté le Venezuela il y a un an avec son épouse et ses quatre enfants, a réussi mercredi à se rendre à El Paso, au Texas, pour demander l'asile politique après 10 jours passés à Ciudad Juárez.

Il considère que rechercher une vie meilleure est « un droit humain » que Donald Trump ne peut leur nier. Il « a dit qu'il allait faire le mur, mais son gouvernement va se terminer et il n'aura pas été capable de le faire », estime-t-il.  

Même si la présence accrue des garde-frontières et les temps d'attente pour franchir le pont compliquent la vie des locaux, ils ont souvent aidé les nouveaux arrivants.

Des habitants de Juárez et de El Paso ont fait des dons de vêtements, de nourriture, de jouets ou même d'argent pour que la Casa del migrante (la Maison du migrant) à Ciudad Juárez ait de l'eau chaude et de la nourriture en plein hiver.  

Quelque 3100 migrants ont transité par ce refuge au cours des trois derniers mois, dans l'attente d'entrer aux États-Unis pour y demander l'asile.

« Depuis novembre, je dois me lever deux heures plus tôt pour pouvoir traverser » la frontière, explique Adriana Sanchez, une citoyenne américaine vivant à Ciudad Juárez, mais qui travaille comme institutrice au Nouveau-Mexique.

« Ce mur est psychologique, car il ne va pas arrêter les migrants. Il ne va pas non plus séparer les habitants des deux côtés, mais il ne nous laisse déjà plus voir l'autre côté », ajoute-t-elle.




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