(Washington) Les États-Unis ont imposé vendredi des sanctions financières contre le fils du président vénézuélien Nicolas Maduro, que Washington tente de pousser vers la sortie, a annoncé le Trésor américain dans un communiqué.

Agence France-Presse

Washington reproche au fils du leader du Venezuela, Nicolas « Nicolasito » Ernesto Maduro Guerra, d’être « un représentant actuel ou ancien du gouvernement » vénézuélien en étant membre « de l’Assemblée nationale constituante illégitime ».

L’administration Trump « tente de personnaliser ses attaques permanentes contre la Révolution bolivarienne et le leadership » de Nicolas Maduro, a réagi le gouvernement vénézuélien dans un communiqué. « Cette attitude aigrie démontre le caractère capricieux et le manque absolu de rigueur des institutions de contrôle financier américaines ».

Peu après son ascension au pouvoir en 2013, Nicolas Maduro a nommé son fils à la tête d’un Corps des inspecteurs de la présidence.

Il a ensuite été élu en 2017 membre de l’assemblée constituante « à la suite de la création frauduleuse de cette assemblée qui ne sert qu’à réquisitionner les pouvoirs constitutionnels de l’Assemblée nationale légitime et à renforcer le régime de son père », dit le ministère des Finances américain, chargé d’infliger ces sanctions.

« Le régime de Maduro s’est bâti sur des élections frauduleuses et son cercle rapproché vit dans le luxe tiré des profits de la corruption tandis que le peuple souffre », a déclaré Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor.

Les autorités américaines affirment que l’Assemblée nationale constituante cherche « à récrire la Constitution » du pays et « à dissoudre ses institutions » et qu’elle a été créée à travers « un procédé non démocratique ».

M. Maduro Guerra, le fils du président, a également été impliqué, selon le Trésor américain, dans les efforts de propagande et de censure du régime et, avec son père et l’épouse du président, Celia Flores, a profité des produits issus de l’exploitation des mines du Venezuela.

Les sanctions américaines gèlent tous les biens et participations que Maduro Guerra peut avoir directement ou indirectement sur le territoire américain. Elles interdisent aussi à toute entité américaine ou transitant par les États-Unis de faire des affaires avec lui.

En imposant toute une série de restrictions et sanctions financières, les États-Unis espèrent resserrer l’étau économique sur Nicolas Maduro et le pousser vers la sortie, au profit de l’opposant Juan Guaidó que Washington reconnaît comme président par intérim.

Les sanctions américaines, notamment celles sur le pétrole vénézuélien, se font de plus en plus sentir dans le quotidien des Vénézuéliens, déjà durement éprouvés par une crise économique sans précédent.

Vendredi à Medellín (Colombie), l’assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA) a adopté une résolution exhortant le Venezuela à organiser « une élection présidentielle libre, juste, transparente et légitime, le plus tôt possible ».

Elle a été adoptée grâce aux voix de 19 pays membres, tandis que 8 ont voté contre, et 6 se sont abstenus. Les États ayant voté pour ont réitéré leur soutien à l’opposant Juan Guaidó, qu’ils considèrent le président légitime du Venezuela.