Le pape François a adopté un ton conciliant envers les homosexuels lors d'une conférence de presse de 82 minutes tenue dans l'avion qui le ramenait du Brésil au Vatican. Des paroles qui démontrent un «changement de ton» à l'égard de ses prédécesseurs, estiment des fidèles.

Caroline d'Astous LA PRESSE

N'esquivant aucune question des journalistes qui l'accompagnaient, le pape François s'est notamment fait interroger sur la question de l'homosexualité. Le souverain pontife a dit ne pas vouloir juger les prêtres en fonction de leur orientation sexuelle, ajoutant que «si une personne est gaie et qu'elle cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?», a-t-il répondu.

Pour l'abbé Raymond Gravel, cette phrase du pape François démontre «qu'il reconnaît que personne n'est parfait. La position de l'Église est que l'homosexualité est intrinsèquement mauvaise. Mais le pape dit qu'il ne faut pas condamner [les homosexuels], ni les ostraciser, ni les marginaliser. Au contraire, il faut les accueillir», explique l'abbé Gravel.

En exprimant de tels propos, le pape François «se démarque de ses prédécesseurs», poursuit l'abbé. «Pour le pape François, l'être humain est sacré, quel que soit cet être humain. Et nous n'avons pas le droit de juger ou de condamner un être humain puisque aucune personne n'est parfaite», souligne-t-il.

Un véritable baume

À Montréal, l'église Saint-Pierre-Apôtre s'est prononcée depuis quelques années contre l'homophobie au sein de la religion catholique. Pour l'intervenant pastoral de cette paroisse, Yves Côté, le «pape François n'a fait que dire haut et fort, à titre d'autorité suprême, ce que plusieurs pensent depuis longtemps au sein de l'église», a-t-il lancé.

«Ces propos nous réconfortent et sont un véritable baume sur nos plaies», a déclaré M. Côté avec fierté. Selon lui, «il y a beaucoup de personnes qui veulent revenir à l'église» pour exprimer leur foi. Ce qui sera désormais possible avec l'ouverture d'esprit que vient de démontrer le nouveau pape, croit-il.

Pour Solange Lefebvre, titulaire de la Chaire religion, culture et société à l'Université de Montréal, «l'Église n'a jamais fermé la porte aux homosexuels. On peut bien spéculer, mais il n'y a pas de révision de la définition du mariage», souligne-t-elle.

Ces paroles du pape reflètent un discours plus pastoral, remarque-t-elle. «C'est un changement de ton en général [que] cette papauté [adopte] depuis le début. Lui, il insiste sur qui sommes-nous pour juger. Mais on ne l'a pas encore entendu sur la question des femmes qui se font avorter», rappelle Mme Lefebvre.

Le pape François s'est également exprimé sur les groupes de lobby gai, évoquant qu'«ils ne sont pas bons».