Un accord a été conclu mercredi entre l'Argentine et l'Uruguay pour évaluer l'impact environnemental d'une usine de pâte à papier sur leur fleuve frontalier, mettant fin à sept ans de conflit, ont annoncé à Buenos Aires les chefs de la diplomatie des deux pays.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous fermons un chapitre de notre histoire et nous en ouvrons un autre», a déclaré le ministre argentin des Affaires étrangères, Hector Timerman, en soulignant que cet accord portait sur une surveillance par des scientifiques des deux pays de l'usine de pâte à papier du groupe finlandais UPM (ex-Botnia) et du fleuve Uruguay.

«Nous voulons entamer immédiatement le monitoring», a dit M. Timerman.

De son côté, son homologue uruguayen Luis Almagro a expliqué que l'accord prévoyait «la création d'un comité scientifique dans un délai de 30 jours, chargé d'évaluer l'impact sur l'environnement».

Pour protester contre l'installation de cette usine qu'ils jugent polluante, des habitants argentins avaient bloqué un pont frontalier pendant trois ans et demi. Ils avaient fini par lever leur barrage le 19 juin pour 60 jours, le temps de permettre aux deux gouvernements de trouver un accord satisfaisant sur la surveillance du site.

Deux scientifiques argentins et deux uruguayens choisis par chaque pays contrôleront «le fleuve Uruguay et tous les établissements industriels, agricoles et les centres urbains qui déversent des effluents (eaux usées) dans le fleuve Uruguay et son bassin», précise l'accord.

Le contrôle débutera avec l'usine UPM en Uruguay et se poursuivra côté argentin avec une usine ou une zone à choisir par le gouvernement uruguayen. Les résultats seront communiqués au public.

Cet accord a été annoncé à l'issue d'une réunion le jour même à Buenos Aires entre les chefs d'État des deux pays, l'Argentine Cristina Kirchner et l'Uruguayen José Mujica.

La Cour internationale de Justice de La Haye avait jugé le 20 avril que l'Uruguay avait violé le traité bilatéral sur le fleuve en construisant cette usine sans consulter l'Argentine.

Elle avait cependant refusé d'ordonner son déplacement au motif qu'aucun élément ne permettait, à ce stade, de prouver qu'elle polluait excessivement.