Les autorités boliviennes ont haussé le ton vendredi contre l'agence américaine pour le développement USAID, en menaçant une nouvelle fois d'expulser l'organisme accusé de financer des «amis politiques» hostiles au gouvernement socialiste.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le vice-président bolivien, Alvaro Garcia, a affirmé que l'ingérence politique américaine «continue sous la table à travers les méfaits d'USAID», alors même que la Bolivie et les Etats-Unis sont en train de négocier un accord de coopération bilatérale qui consacrerait un dégel des relations très tendues  depuis 2006 entre les deux pays.

Le président Evo Morales a affirmé pour sa part lors d'un sommet de la gauche radicale latino-américaine en Equateur, qu'il «ne tremblera pas» à l'heure d'expulser USAID si, a-t-il dit, elle «conspire contre notre souveraineté». Il renouvelait ainsi une menace formulée début juin.

L'agence américaine canalise 69 des 100 millions de dollars d'aide américaine en Bolivie. Elle «finance des formations, des publications, des organisations soutenant des conflits sociaux, et nous les avons prévenus de ne pas le faire», a accusé M. Garcia.

«20 (millions) correspondent à (de l'aide) technique et le reste est pour leurs petits amis, leur clientèle politique. L'ambassade veut se constituer une clientèle politique d'ONGs, de politiciens et de dirigeants sociaux», selon lui.

Un ministre a par ailleurs indiqué jeudi que le gouvernement devrait prendre prochainement une décision sur le sort d'USAID, à la lumière «d'informations» détenues par l'Etat.

M. Morales entame un second mandat après sa réélection triomphale de décembre. Mais paradoxalement, une certaine grogne monte en province contre des projets miniers et de la part de groupes indigènes réclamant plus d'autonomie.

Parallèlement, le gouvernement a dénoncé avec de plus en plus de virulence une ingérence américaine à travers USAID et des ONGs locales.

Il a déjà expulsé en 2008 l'agence de lutte contre la drogue DEA et l'ambassadeur américain, les accusant également d'ingérence. Le diplomate n'a toujours pas été remplacé.