La plupart des dirigeants d'Amérique latine ont commencé à converger dimanche à San Salvador, pour assister lundi à la cérémonie d'investiture de Mauricio Funes, premier président de gauche depuis 20 ans dans ce pays d'Amérique centrale.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Avec la venue de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, arrivée dimanche à la mi-journée, cette cérémonie ressemble à une répétition générale du sommet de l'Organisation des Etats américains (OEA) qui s'ouvrira mardi au Honduras voisin.

Les ténors de la gauche latino-américaine sont attendus à San Salvador, où un dispositif de sécurité exceptionnel a été mis en place : Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil) Rafael Correa (Equateur), Evo Morales (Bolivie) ou encore Michelle Bachelet (Chili) et Fernando Lugo (Paraguay).

Une incertitude plane en revanche sur la venue de Hugo Chavez, non confirmée dimanche par les services de la présidence vénézuélienne après l'annulation de la visite à Caracas de M. Morales, avec qui le chef de l'Etat vénézuélien avait prévu de se rendre à San Salvador.

Le président conservateur de Colombie, Alvaro Uribe, et tous ses homologues d'Amérique centrale sont, eux, bien annoncés, portant à 17 le nombre de chefs d'Etat prévus.

Au total, 72 délégations, dont l'Espagne représentée par le prince héritier, Felipe, et son épouse Letizia Ortiz, doivent assister à la prise de fonctions de l'ancien journaliste de 49 ans et de son vice-président Salvador Sanchez Ceren, ancien chef militaire de la guérilla, vaincue par les armes en 1992 avec l'appui de Washington.

Les analystes salvadoriens se demandent si Mauricio Funes va s'inspirer du modéré Lula ou épouser la révolution socialiste de Hugo Chavez.

Le président élu a déclaré cette semaine que le président du Brésil, dont est originaire son épouse Wanda Pignato, était «un exemple à suivre» mais certains analystes pensent qu'il pourrait se rapprocher de Caracas après son récent voyage au Venezuela.

Le Salvador, qui était l'un des principaux alliés de Washington dans la région sous les gouvernements de droite, doit faire face à une crise économique persistante et à une délinquance en forte hausse.