(Genève) La Chine doit « mieux coopérer » à l’enquête sur les origines de la pandémie de COVID-19, dont les premiers cas ont été détectés à Wuhan en décembre 2019, a déclaré jeudi le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Nous espérons qu’il y aura une meilleure coopération pour que nous sachions ce qui s’est véritablement passé » dans la transmission à l’homme, a dit Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’un point de presse de l’OMS à Genève.

Le premier problème, c’est de partager les données brutes et j’ai dit dès la conclusion de la première phase de l’enquête qu’il fallait régler ce problème et le second c’est qu’il y a eu une tentative prématurée de réduire le nombre d’hypothèses comme celle du laboratoire.

Tedros Adhanom Ghebreyesu

Il faisait allusion aux conclusions d’une enquête conjointe menée en Chine en début d’année par des scientifiques chinois et une équipe sélectionnée par l’OMS, estimant très peu probable que le nouveau coronavirus se soit échappé d’un laboratoire, privilégiant la thèse de la transmission de l’animal hôte à l’homme par le biais d’un animal intermédiaire, encore non identifié.

Cette théorie de la fuite du laboratoire a tout d’abord été écartée, dans les premiers mois de la pandémie, par un grand nombre de scientifiques avant que l’administration américaine de Donald Trump — ensuite relayée par celle de son successeur Joe Biden — ne lui donne plus d’écho et de crédit. Le président Biden a ordonné aux services de renseignements américains de faire du sujet une priorité.

Cette thèse a toujours été rejetée par les autorités chinoises.

Les accidents de laboratoire ça arrive, c’est assez commun. J’en ai vu et j’ai moi-même fait des erreurs.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, rappelant son passé d’immunologiste dans un laboratoire.

« Donc ça peut arriver et vérifier ce qu’il s’est passé dans nos laboratoires est important et nous avons besoin d’informations, d’informations directes sur ce qu’était la situation dans les laboratoires » avant la pandémie, a-t-il expliqué, en allusion au fait que l’équipe de chercheurs sur place au début de 2021 n’avait pas eu accès à ces données.

« J’espère qu’il y aura une meilleure coopération et nous continuerons à discuter avec la Chine et les États membres », a encore ajouté le directeur de l’OMS, soulignant que le cadre de la seconde phase de l’enquête sur les origines avait été arrêté.

« Nous le devons aux 4 millions de morts » de la pandémie, a-t-il lancé.