(Bagdad) Les autorités irakiennes ont démenti jeudi des informations faisant état de la reprise des opérations militaires américaines communes avec l’Irak, interrompues après la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué le 3 janvier dans une frappe américaine à Bagdad.

Agence France-Presse

« Les opérations communes n’ont pas repris », a déclaré à l’AFP le porte-parole du premier ministre irakien pour les affaires militaires Abdulkarim Khalaf.

Deux responsables militaires américains, cités par le New York Times sous couvert d’anonymat, ont indiqué que les opérations avec l’Irak avaient repris mercredi.  

Le porte-parole du ministère américain de la Défense, Johnathan Hoffman, a lui aussi démenti ces informations.  

« Nous continuons de nous organiser ensemble. Mais aucune opération […] n’a lieu sur le terrain », a-t-il indiqué à l’AFP.  

La coalition internationale antidjihadistes menée par les États-Unis et qui intervient depuis 2014 en Irak avait annoncé l’interruption de ses opérations contre le groupe État islamique (EI) et de ses missions d’entraînement le 5 janvier pour des raisons de sécurité.

Selon M. Khalaf, Bagdad n’a pas donné son autorisation à la coalition pour reprendre les opérations communes.

« Les opérations communes, dont l’utilisation de l’espace aérien irakien, ont été interdites », a-t-il précisé, ajoutant que le gouvernement irakien avait ordonné à la coalition de stopper ses opérations après deux frappes aériennes américaines.

Depuis fin octobre, des dizaines de roquettes ont été tirées sur des bases irakiennes abritant des soldats américains, tuant le 27 décembre un sous-traitant américain. Les États-Unis ont accusé des factions armées irakiennes pro-Iran d’être à l’origine de ces tirs.

En représailles, les États-Unis ont bombardé le 29 décembre des bases irakiennes à la frontière syrienne, tuant 25 combattants du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran intégrée aux troupes irakiennes.

L’escalade a ensuite atteint un niveau inédit, avec une attaque de drone américaine, qui a tué le général iranien Qassem Soleimani et le numéro deux du Hachd, Abou Mehdi al-Mouhandis, aux portes de l’aéroport de Bagdad le 3 janvier.

Selon M. Khalaf, l’accord sur la présence de la coalition avait pour but « d’aider les Irakiens à combattre l’EI » et « ces frappes » américaines sont donc des « actions unilatérales ».

Le Parlement irakien a réclamé le 5 janvier au gouvernement l’expulsion des troupes américaines du pays.

Sollicité par l’AFP, le porte-parole de la coalition à Bagdad a refusé de commenter les informations faisant état de la reprise des opérations.