(Erevan) Environ un millier de personnes réclamant aux autorités d’agir pour retrouver les soldats arméniens disparus durant le conflit au Nagorny Karabakh ont manifesté dimanche à Erevan, après une précédente manifestation samedi de proches de soldats à Stepanakert.

Agence France-Presse

Réunis derrière une banderole proclamant « Aidez-nous à retrouver nos prisonniers », les manifestants parmi lesquels plusieurs célébrités ont défilé dans le centre de la capitale arménienne, après avoir lu une lettre destinée à l’ambassadeur russe dans le pays demandant son « intervention personnelle dans le processus ».

« Pourquoi nous commençons par la Russie ? Parce que c’est le pays qui est intervenu, qui a pu participer et continue de participer à la question qui nous intéresse aujourd’hui », a déclaré un des organisateurs de la marche, Hrant Tokhatian, un acteur connu dans la région.

Samedi, une trentaine de proches de soldats disparus avaient déjà brièvement bloqué une rue du centre de Stepanakert, la capitale du Nagorny Karabakh, avant qu’une délégation ne soit reçue par le président de la république séparatiste, Araïk Aroutiounian.

« Nous demandons une action immédiate pour résoudre ce problème. Mais les autorités disent que cela ne dépend pas d’elles, que cela dépend des Azerbaïdjanais », avait regretté auprès de l’AFP à la sortie de l’entrevue Arsen Ghoukassian, 47 ans.

Il cherche son fils et son frère, ce dernier l’ayant appelé pour la dernière fois le 2 octobre, quelques jours après le début du conflit le 27 septembre.    

Selon lui, « l’Azerbaïdjan dicte ses conditions. Ils ne suivent pas les points de l’accord » du 9 novembre, signé sous l’égide de la Russie, qui a mis fin aux hostilités en consacrant la victoire de Bakou. Cet accord prévoit notamment un échange de prisonniers et de corps.

« Aujourd’hui, des enfants (NDLR Des soldats arméniens disparus) ont faim, ont soif, ils survivent en mangeant seulement de l’herbe ou autre chose, en attendant que les Arméniens viennent les secourir, parce qu’ils sont Arméniens. Mais nous, parents, sommes sans espoir, nous ne savons pas comment sauver nos enfants », a déclaré ému Sargis Stepanian, 47 ans, qui cherche également son fils.

Un haut représentant du Nagorny Karabakh, Artak Beglarian, a affirmé samedi que « les corps de plus de 400 militaires arméniens ont déjà été récupérés ou échangés en divers endroits ». Il avait précisé la veille que 50 à 60 soldats arméniens sont prisonniers.

L’Arménie a reconnu avoir perdu plus de 2300 soldats tués dans le conflit, parmi lesquels des corps non identifiés. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est chargé du processus d’évacuation des corps, sous la protection des forces russes de la paix, dont près de 2000 soldats ont été déployés dans la région.