(Jérusalem) Des avions israéliens ont bombardé la bande de Gaza dans la nuit de mardi à mercredi après un tir de roquette depuis l’enclave palestinienne vers le sud de l’État hébreu, a indiqué l’armée israélienne.  

Agence France-Presse

Ces derniers échanges de tirs surviennent alors que le président israélien a mis en garde le Hamas, au pouvoir à Gaza, qu’il risquait une « guerre » en ne mettant pas un terme aux tirs de ballon incendiaires.

Depuis 12 jours, dans la foulée de lancers de ballons incendiaires depuis Gaza, qui ont causé plus d’une centaine d’incendies en territoire israélien, et de tirs de roquettes, l’État hébreu a répondu par des frappes et par un resserrement du blocus imposé à l’enclave palestinienne.

Mardi, des ballons incendiaires et une roquette ont été tirés depuis Gaza vers Israël, qui a répliqué peu avant minuit par des frappes de « jets de combats » et « d’autres avions », sur des « cibles du Hamas », a indiqué l’armée dans un communiqué.

Un « complexe militaire de l’organisation terroriste du Hamas a été touché », a-t-elle précisé. Aucune victime n’a été recensée.

D’après les pompiers israéliens, les ballons incendiaires ont provoqué 40 incendies mardi dans le sud d’Israël.  

« Le terrorisme recourant aux cerfs-volants et aux ballons est une forme de terrorisme comme les autres », a déclaré, selon un communiqué, le président israélien, Reuven Rivlin, lors d’une visite aux pompiers dans la zone frontalière.

« Le Hamas devrait savoir que ce n’est pas un jeu. Le moment viendra où ils devront décider… S’ils veulent la guerre, ils auront la guerre », a ajouté le président, dont la fonction est essentiellement honorifique.  

Des manifestants ont brûlé mercredi à Gaza des drapeaux israéliens et des portraits du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, pour protester contre l’annonce la semaine dernière de la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et Israël.

De l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, au pouvoir en Cisjordanie, aux islamistes du Hamas, contrôlant la bande de Gaza, la classe politique palestinienne a fustigé l’accord de normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis, jugé historique par M. Nétanyahou.

Selon les Palestiniens, cet accord, réalisé sous le parrainage de Washington, anéantit la solution à deux États, c’est-à-dire une future Palestine viable aux côtés de l’État hébreu.

Sur les pancartes brandies par des manifestants, on pouvait lire en anglais et en arabe « La Palestine n’est pas à vendre, fin à l’accord de la honte ».

« Nous rejetons toute forme de normalisation de n’importe quel pays et régime », a affirmé le haut responsable du Hamas Khalil al-Haya durant la manifestation.

« L’occupation sioniste doit être boycottée et être reconnue comme criminelle, il faut que ça se termine », a ajouté le dirigeant islamiste.

Fayez Abu Eita, du mouvement rival Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, avait également participé à cette protestation.

Le Hamas et Israël, qui se sont livré trois guerres depuis 2008, s’affrontent sporadiquement malgré une trêve – favorisée par l’ONU, l’Égypte et le Qatar – conclue en 2019.

Les échanges de tirs de mardi se sont produits alors qu’une délégation égyptienne mène une médiation entre Palestiniens et Israéliens, afin de mettre fin à ces attaques entre Gaza et Israël.