(Moscou) Les États-Unis ont dénoncé le « comportement inhabituel et inquiétant » de deux satellites russes qui suivent de près un satellite militaire américain. Moscou a répliqué en évoquant des « manœuvres » banales, pratiquées par de nombreux pays.

Agence France-Presse

Selon le général John Raymond, chef du tout nouveau commandement militaire américain de l’espace, deux engins spatiaux russes lancés en novembre se sont récemment placés dans l’orbite d’un satellite-espion américain, s’en rapprochant parfois à seulement 160 km de distance.

Filature et surveillance spatiales

Ils agissent « de la même manière qu’une paire de satellites déployés en 2017 et qualifiés par le gouvernement russe de “satellites inspecteurs” », a-t-il ajouté, selon des déclarations lundi aux médias américains : « C’est un comportement inhabituel et inquiétant. Il a le potentiel de créer une situation dangereuse dans l’espace ».

« Les États-Unis considèrent que ces récentes activités sont préoccupantes et ne reflètent pas le comportement d’une nation spatiale responsable », a poursuivi le général américain, précisant que Washington a fait part de ces inquiétudes à Moscou par voie diplomatique.

COMPTE TWITTER DE MICHAEL THOMPSON

C’est un astronome amateur, Michael Thompson, qui a rendu publique l'opération de filature spatiale que mène actuellement la Russie sur un satellite-espion américain.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a confirmé mardi avoir reçu un message de Washington concernant ces satellites, ajoutant que « Moscou répondra après l’avoir étudié ».  

« En ce qui concerne les manœuvres de ces objets dans l’espace, ce sont des pratiques réalisées par de nombreux pays », a-t-il ajouté, cité par les agences de presse russes. Ni la diplomatie russe ni le ministère de la Défense n’ont répondu aux demandes de commentaire de l’AFP.

Les engins spatiaux incriminés ont été lancés en novembre 2019 depuis le cosmodrome militaire de Plessetsk, dans le nord de la Russie. Ils consistent en fait en un satellite qui, une fois en orbite, en a libéré un second.

Dans un communiqué cité par l’agence publique TASS, l’armée russe avait indiqué début décembre que « le but de l’expérience est de poursuivre les travaux sur l’évaluation de l’état technique des satellites nationaux ».

Les plus grandes puissances spatiales mondiales sont engagées depuis plusieurs années dans une course pour la domination de l’espace. En 2017, un satellite russe s’était déjà fait remarquer en se rapprochant du satellite militaire franco-italien Athena-Fidus, mais la Chine ou les États-Unis possèdent aussi de telles capacités.