Le journaliste Gary Kamiya haït George W. Bush à s'en confesser. Comme il l'écrit ici, il a parfois l'impression que cette haine est un emploi à temps plein. Elle s'insinue dans ses pensées, s'incruste dans son cerveau, définit une partie de son identité. Mais qu'arrivera-t-il lorsque le 43e président ne sera plus là? Y a-t-il une vie après Bush?Ce sont les questions que se posent aujourd'hui Kamiya. Elles valent sans doute pour des millions d'Américains de gauche, qui ont passé les six dernières années à détester Bush. Certains se préparent déjà à célébrer le 20 janvier 2009, dernier jour de Bush à la Maison-Blanche. Ils déboucheront leurs meilleures bouteilles de vin ou de champagne et boiront à leur délivrance.

Richard Hétu

Mais ces fêtards se réveilleront avec un sérieux mal de tête, prédit Kamiya, qui s'inclut dans le groupe. Non seulement dégriseront-ils vite mais ils réaliseront tout aussi rapidement que l'objet de leur haine n'était pas la cause de tous les maux de leur pays. Ils devront penser autrement, apprendre à accepter le gris, cesser d'avoir une vision manichéenne de la politique.

«Paradoxalement, écrit Kamiya, plus tu haïs Bush, plus tu risques de devenir aussi ceux que lui.»