Depuis le milieu des années 1990, les autorités new-yorkaises se félicitent de la baisse des homicides dans leur ville, qui avait dénombré 2 262 meurtres en 1990. Or, celles-ci n'ont pas caché leur surprise hier en annonçant le nombre de meurtres à New York au cours des six premiers mois de 2013 : 154, par rapport à 202 au cours de la même période en 2012.

Publié le 29 juin 2013
Richard Hétu

Cette baisse de 25% est d'autant plus étonnante que New York a atteint un plancher record de 414 homicides en 2012. Le maire de New York Michael Bloomberg et son chef de police, Raymond Kelly, ont mis ce résultat sur le compte de la pratique policière controversée stop-and-frisk qui est aujourd'hui contestée devant les tribunaux.

Les critiques de ce programme estime qu'il enfreint le quatrième amendement de la Constitution américaine et mène au profilage ethnique et racial, les personnes arrêtées et fouillées dans la rue étant en grande majorité noire et hispanique. Michael Bloomberg a soulevé la controverse hier en répondant ainsi aux critiques de cette pratique lors de son émission de radio hebdomadaire :

«Ils répètent, 'Oh, c'est un pourcentage disproportionné d'un groupe ethnique en particulier'. Mais ce n'est pas un pourcentage disproportionné de ceux que les témoins et les victimes décrivent comme ayant commis les meurtres. S'il y a une chose, en fait, c'est que nous arrêtons trop de Blancs et pas assez de minorités. C'est exactement le contraire de ce qu'ils disent. Je ne sais pas où ils sont allés à l'école, mais ils n'ont pas suivi de cours de mathématiques ou de logique.»

Voici des données qui expliquent la réaction négative provoquée par les propos de Bloomberg : en 2011, les policiers new-yorkais ont effectué 684 330 contrôles dans le cadre du programme «stop-and-frisk», une augmentation de 600% par rapport à la première année de Bloomberg à la mairie de New York, en 2002. Parmi ceux qui ont été visés par cette tactique, 87% étaient des Afro-Américains ou des Latinos, la grande majorité d'entre eux des jeunes hommes, et 96% ont été relâchés sans avoir été inculpés.