L'élection présidentielle de 2016 est encore loin à l'horizon, mais les républicains semblent avoir convenu d'une stratégie pour contrer Hillary Clinton, dont la popularité dépasse aujourd'hui celle de tous leur candidats potentiels à la succession de Barack Obama : dépeindre l'ancienne secrétaire d'État comme une has-been.

Publié le 30 juin 2013
Richard Hétu

Selon cet article du New York Times, le gouverneur du Wisconsin Scott Walker a récemment donné un exemple de cette approche en évoquant la chanson-thème de la première campagne présidentielle de Bill Clinton, Don't Stop Thinking About Tomorrow, de Fleetwood Mac. «Si vous voulez continuer à penser à demain, peut-être est-il temps de choisir quelqu'un de nouveau», a-t-il déclaré.

Stuart Stevens, stratège de la dernière campagne présidentielle de Mitt Romney, a de son côté déclaré qu'élire Hillary Clinton serait l'équivalent d'un voyage dans le temps. «Elle est là depuis les années 70», a-t-il déclaré.

Hillary Clinton aura 69 ans en 2016. En tentant d'exploiter son appartenance à une génération vieillissante, les républicains emprunteraient une stratégie utilisée par nul autre que Bill Clinton face aux George Bush père et Bob Dole, tous les deux dépeints comme des reliques de la Guerre froide.

L'approche des républicains comporte évidemment des risques. En mettant l'accent sur l'âge de Clinton, ceux-ci pourraient être accusés d'hypocrisie, ayant longtemps vénéré Ronald Reagan, un président qui avait 69 ans au début de son premier mandat et qui jouissait d'une grande popularité auprès des jeunes.

Qui plus est, le candidat républicain à la présidence pourrait très bien être un homme dans la quarantaine dont les idées continuent d'être considérées obsolètes par les jeunes sur l'immigration, le mariage gai et le climat, entre autres.

Mais les conservateurs décideront peut-être de suivre la voie tracée par l'animateur de radio Rush Limbaugh, dont les propos sur Hillary Clinton confinent à la fois à l'âgisme et au sexisme. En avril dernier, il a ainsi repris un thème qu'il avait exploité lors de la première campagne présidentielle de la démocrate en se demandant tout haut si les Américains étaient prêts à «regarder une femme vieillir devant leurs yeux sur une base quotidienne».

Hillary Clinton pourrait bien sûr décider de ne pas briguer la présidence en 2016.