Publié le 16 juill. 2015
Richard Hétu

Bête noire des adversaires de l'avortement aux États-Unis, Planned Parenthood est sur la sellette à la suite de la diffusion d'une vidéo dans laquelle une responsable de l'organisation américaine détaille comment celle-ci fournit des organes de foetus avortés à des cliniques pour fins de recherche médicale.

Attablée devant une salade et un verre de vin rouge et filmée à son insu, Dr Deborah Nucatola explique à deux acteurs se faisant passer pour des représentants d'une société de biotechnologie que des cliniques de Planned Parenthood exigent entre «30 et 100$» par spécimen. «Beaucoup de gens veulent des coeurs», explique-t-elle entre deux bouchées. «Hier, on m'a demandé des poumons», ajoute-t-elle avant d'expliquer la méthode la plus efficace pour retirer les organes d'un foetus intacts lors de l'avortement.

Tournée dans un restaurant californien début juillet, la vidéo de près de neuf minutes a été diffusée mardi par le Center for Medical Progress, une nouvelle organisation anti-avortement basée en Californie. Depuis, elle suscite un vif émoi chez les conservateurs américains, qui accusent Planned Parenthood d'enfreindre la loi en vendant des «bouts de bébé». Les républicains de la Chambre des représentants ont annoncé leur intention d'enquêter sur cette affaire et la plupart des candidats présidentiels du GOP ont exprimé leur dégoût.

«Planned Parenthood et les démocrates qui votent pour financer cette organisation doivent au peuple américain une explication pour ces actions haineuses et possiblement illégales», a déclaré le gouverneur du Wisconsin Scott Walker, qui s'en est déjà pris à l'organisation de planning familial dans son État.

Le trafic commercial de parties de foetus avortés est illégal aux États-Unis. Planned Parenthood défend cependant la légalité de ses pratiques. Un porte-parole de l'organisation a déclaré au New York Times que les sommes exigés pour les spécimens correspondaient aux coûts du transport et de l'opération. Il a ajouté que les dons d'organes ne se faisaient jamais le consentement des femmes.

Les défenseurs de Planned Parenthood ont également accusé le Center for Medical Progress d'avoir trafiqué la réalité en réduisant une conversation de deux heures dans une vidéo de neuf minutes dont voici la version intégrale :

P.S. : Tout en niant les accusations de l'organisation Center for Medical Progress à propos de la vente d'organes de foetus, la présidente de Planned Parenthood, Cecile Richards, s'est excusée dans une vidéo «du ton et des déclarations» de Dr Deborah Nucatola, filmée à son insu par des militants anti-avortement :