(New York) Les Bourses mondiales ont reculé jeudi, digérant de nombreuses décisions des banques centrales, à commencer par celle des États-Unis mercredi, tandis que le dollar restait à un haut niveau, poussant même le Japon à une intervention.

Mis à jour le 22 septembre
Agence France-Presse

À Wall Street, le Dow Jones a perdu 0,35 %, l’indice NASDAQ a lâché 1,37 % et l’indice élargi S&P 500 a abandonné 0,84 %.

Les indices européens ont aussi nettement baissé, après leur rebond de mardi : Paris a reculé de 1,87 %, Francfort de 1,84 %, Londres de 1,08 % et Milan de 1,07 %.

La banque centrale américaine a relevé mercredi de 0,75 point de pourcentage son principal taux directeur, comme en juin et juillet, pour le porter à une fourchette allant de 3 % à 3,25 %, contre un niveau se situant juste au-dessus de 0 % en début d’année.  

Les investisseurs n’ont pas tant été surpris par ce resserrement monétaire que par la ligne dure adoptée par la Fed dans ses nouvelles projections en matière d’évolution de ce taux, qui pourrait monter au-dessus de 4,5 % et ne pas redescendre avant 2024.  

Le président de la Fed, Jerome Powell, a assumé de devoir « ralentir l’économie » pour réduire la croissance et attendre plus longtemps avant d’envisager de baisser le taux directeur.

La forte impression laissée mercredi par la Fed a été accentuée jeudi par une vague de relèvements de taux de plusieurs autres banques centrales, de la Banque nationale suisse à la Banque d’Angleterre.

« Les marchés actions sont à la peine, car ils s’attendent à ce que la flambée des taux déclenche une récession mondiale », a commenté, dans une note, Edward Moya, d’Oanda.

La séquence a enflammé les taux obligataires, que les marchés actions voient, avec angoisse, remonter à marche forcée depuis des semaines.

Jeudi, le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans a bondi à 3,70 %, contre 3,52 % la veille, au plus haut depuis février 2011.

Le taux à dix ans allemand ressortait à 1,97 % et le français à 2,51 %.  

Le Japon au secours du yen

Sur le marché des changes, le dollar a atteint jeudi dans la nuit de nouveaux sommets face aux autres grandes monnaies. L’euro se stabilisait à 0,9833 dollar et la livre à 1,1255 dollar, vers 20 h 55 GMT.

Après avoir touché un pic à 145 899 yen, le dollar refluait à 142,40 yen (-1,15 %), le ministère des Finances japonais ayant déclaré être intervenu sur le marché pour soutenir le yen, une première depuis 1998. Il avait aussi agi en 2011 pour baisser la monnaie.

Le yen glisse depuis le début d’année, notamment en raison de la politique de la Banque du Japon (BoJ) qui n’a pas durci ses taux contrairement aux États-Unis. Jeudi, elle a encore maintenu sa politique monétaire ultra accommodante, estimant que les conditions n’étaient pas encore réunies pour un resserrement monétaire, l’inflation n’étant que de 2,8 % sur un an au Japon.

De son côté, la banque centrale turque a abaissé jeudi son principal taux directeur pour le deuxième mois consécutif, de 13 % à 12 %, la livre turque atteignant au même moment son plus bas niveau historique par rapport au dollar.

Du côté de l’énergie

Les cours du pétrole ont terminé en petite hausse jeudi, dans un marché qui ne réagit que faiblement à l’escalade russe dans le conflit ukrainien, mais plus préoccupé par les conséquences sur la demande du resserrement monétaire généralisé.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a gagné 0,70 %, pour clôturer à 90,46 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également pour échéance en novembre, a lui pris 0,66 %, à 83,49 dollars.

Le gaz naturel européen reculait de 0,93 % à 188 euros le mégawattheure sur le marché de référence en Europe, le TTF néerlandais.

Tech, immobilier, luxe en berne

Parmi les secteurs les plus affectés jeudi figurent la technologie (ASML -5,19 %) ou encore le luxe (Hermès -4,92 %), car la hausse des taux diminue la valorisation de leurs bénéfices futurs, et l’immobilier (Vonovia -4,82 %).