(New York) Les cours du pétrole ont clôturé mardi proche des sommets de 7 ans atteints plus tôt, une attaque sur une zone pétrolière d’Abou Dabi ayant tendu encore un peu plus un marché déjà crispé.

Publié le 18 janvier
Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, contrat le plus échangé à Londres, a gagné 1,19 %, pour finir à 87,51 dollars. En séance, il avait grimpé jusqu’à 88,13 dollars, pour la première fois depuis le 14 octobre 2014.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour échéance en février, a lui pris 1,92 % pour s’établir à 85,43 dollars. Plus tôt, il s’était inscrit à 85,74 dollars, une première depuis le 13 octobre 2014.

L’inquiétude quant à la dégradation de la situation entre Ukraine et Russie, présente depuis plusieurs jours, « a été dépassée par l’attaque sur les installations des Émirats arabes unis », a expliqué Michael Lynch, président du cabinet Strategic Energy & Economic Research (SEER).

Lundi, une attaque probablement commise par des drones, selon les premiers éléments de l’enquête, a fait exploser trois camions-citernes près des réservoirs d’ADNOC, la compagnie pétrolière d’Abou Dabi.

Revendiquée par les rebelles houthis du Yémen, cette frappe a fait trois morts et six blessés, sans endommager les installations pétrolières de l’émirat.

Michael Lynch a souligné que les précédents d’attaques réussies sur des infrastructures pétrolières au Moyen-Orient étaient très rares, ce qui explique, pour partie, la réaction des opérateurs.

« Et cela introduit la possibilité de voir des pertes de production à un moment où le marché est déjà très tendu », a poursuivi l’analyste.

Pour Louise Dickson, analyste du cabinet Rystad Energy, l’élargissement de la guerre civile au Yémen « pourrait donner le signal qu’un nouvel accord sur le nucléaire iranien n’est plus d’actualité dans un avenir proche, ce qui priverait le marché de barils iraniens », a-t-elle écrit dans une note.

Les rebelles houthis sont, en effet, proches de l’Iran, poids lourd régional.

Alors que le marché s’inquiète pour l’offre, l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) a maintenu mardi ses prévisions de hausse de la demande mondiale d’or noir en 2022, qui franchirait 100 millions de barils par jour (100,8), passant outre les effets du variant Omicron du coronavirus.

Mardi, les options d’achats à 90 dollars ont été les plus recherchées sur le marché à terme pour le WTI, preuve que le marché se prépare à aller plus haut.

Dans une note envoyée à ses clients lundi, la banque Goldman Sachs avait tablé sur un passage du Brent au-dessus de 100 dollars cette année.

Pour autant, Michael Lynch estime lui qu’« on approche d’un pic. On va entrer dans la période où la demande est traditionnellement faible et il semble que l’offre monte, globalement, même si ce n’est pas aussi rapidement que ne le voudraient les gens. »